Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · 2003-12-15
Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2003-12-15
Wortprotokoll
Juste un mot sur la proposition de minorité Menétrey-Savary. Je ne sais pas si je peux parler au nom de la commission, mais je ne suis pas forcément d'accord avec ce que vous venez de dire, Madame Menétrey, sous forme de question. Je me demande si finalement, parfois, pour que la paix avance, il ne faut pas, si je puis dire, non pas l'oubli, mais une ambiance de réconciliation, comme d'ailleurs l'Afrique du Sud l'a parfaitement compris, par exemple, avec sa commission "Vérité et réconciliation". Si je poussais un peu, je dirais: "Vous vous rendez compte, Madame Menétrey, si, au moment où saint Paul a commencé à évangéliser, on l'avait bloqué en quelque sorte et on l'avait mis en prison à cause de ce qu'il avait fait avant d'être tombé de cheval sur le chemin de Damas!" Bon, je pousse peut-être un peu la démonstration, mais enfin, j'espère quand même que vous comprenez ce que je veux dire.
Je crois que les choses ne sont pas si simples que cela, et qu'à un moment donné, quand on a un processus, par exemple de réconciliation, on pourrait très bien imaginer un ancien général israélien et un ancien responsable de l'Autorité palestinienne, qui objectivement pourraient être poursuivis pour crimes de guerre et qui, à un moment donné de leur réflexion et de leur démarche psychologique et morale, en arriveraient à être des coauteurs d'une initiative du genre de l'Initiative de Genève. Tout ça pour dire que les choses ne sont pas si simples et que dans la mesure où la Suisse et Genève veulent servir la paix, il faut peut-être que parfois, elles aient plus l'esprit de finesse que l'esprit de géométrie dans la manière d'aborder ces problèmes.
Mais de toute façon, on ne peut pas laisser passer ce qui a été dit auparavant, en l'occurrence que si on adoptait la proposition de la majorité, qui suit la décision du Conseil des Etats, ce serait une manière d'admettre qu'un criminel de guerre puisse vivre une retraite paisible sans être inquiété en Suisse. Absolument pas! Il n'y a là aucune différence entre le projet du Conseil fédéral et les propositions qui vous sont soumises.
Mais c'est vrai, l'histoire de la Belgique a un petit peu - comment dirai-je? - déstabilisé nos esprits. C'est vrai, on n'aimerait pas qu'il y ait, à l'occasion d'un passage, que ce soit officiel ou pas officiel en Suisse, une plainte malencontreuse qui fasse que la place même diplomatique de la Suisse, notamment en faveur de la paix, puisse être mise en cause. Il s'agit de rien de moins, mais de rien de plus. Je crois que nous pouvons discuter sur les nuances, mais rien de plus.
En ce qui concerne la proposition Jutzet, je dirai tout simplement qu'elle n'a pas été discutée en commission. Je trouve que l'intention de Monsieur Jutzet est bonne, mais il me semble que la précision de la majorité de la commission est plus nette et plus claire.