Simoneschi-Cortesi Chiara · Nationalrat · 2003-12-17
Simoneschi-Cortesi Chiara · Nationalrat · Tessin · Christlichdemokratische Fraktion · 2003-12-17
Wortprotokoll
La commission a discuté de la divergence existant avec le Conseil des Etats. Elle a mené une discussion approfondie sur les conséquences que cette coupe du budget de Bibliomedia va avoir sur son activité.
Vous savez que Bibliomedia s'appelait jadis la Bibliothèque pour Tous; c'est une fondation presque centenaire. Son but le plus important est le prêt de livres aux petites bibliothèques dans les écoles, dans les vallées et dans les communes. Sa deuxième activité, c'est la promotion de l'accès à la lecture, en organisant des manifestations qui ont pour objectif d'augmenter la compétence en lecture de nos jeunes. Sa troisième activité consiste à compenser les disparités régionales concernant l'accès à la lecture. Sa quatrième activité importante, c'est la compréhension et les échanges entre les diverses régions linguistiques et culturelles de notre pays. Cette petite et ancienne fondation a vraiment beaucoup de buts très importants qui s'inscrivent d'ailleurs dans la politique du Conseil fédéral.
La commission est convaincue que la coupe de 1 million de francs sur 8 pour la prochaine période de quatre ans est d'abord en contradiction avec la politique de la Confédération et des cantons qui tend à combattre la faiblesse de nos jeunes en lecture. Je vous rappelle que l'étude internationale PISA nous a révélé que les jeunes de 15 ans ont de grands problèmes de lecture et de compréhension des textes. Il y a toute une série d'actions de promotion de la lecture organisées conjointement par les cantons et par Bibliomedia dans les différentes petites bibliothèques scolaires.
On sait aussi que le rapport sur l'illettrisme nous indique que 10 pour cent des Suisses et 30 pour cent des étrangers établis en Suisse ont des problèmes d'illettrisme. Il y a donc un problème d'analphabétisme fonctionnel très grave. Les bibliothèques qui se trouvent dans tout le pays, dans les vallées, grâce à Bibliomedia offrent aussi aux adultes la possibilité d'améliorer leur compétence en lecture. Vous savez que lire et écrire sont les deux compétences de base dans une société civile.
Par ailleurs, la Confédération, à travers Bibliomedia, dépense 29 centimes par habitant, on l'a déjà entendu; les cantons dépensent 200 millions de francs pour les bibliothèques. Bibliomedia, c'est une centrale qui donne un input aux bibliothèques. Les bibliothèques dans les petits villages ou dans les régions périphériques ne pourraient pas exister s'il n'y avait pas ce service central de prêt de fonds de livres de Bibliomedia, ce qui est très important.
Vous savez que Bibliomedia s'occupe aussi de la promotion de la lecture. Elle organise de petites manifestations où les jeunes et les adultes peuvent apprendre à connaître des écrivains et la littérature. Bibliomedia prend aussi en charge la formation du personnel des petites bibliothèques. Elle exerce une grande activité avec peu d'argent.
Pourquoi la commission de notre conseil n'est-elle pas d'accord de couper ce million? Premièrement, c'est 1 million de francs sur 8, mais il se concentre sur les deux dernières années. Cela veut dire qu'on diminue le budget de Bibliomedia de 30 pour cent. Diminuer son budget de 30 pour cent, cela a certaines conséquences. Tout ce qui a trait à la promotion de la lecture - les expositions itinérantes dans les bibliothèques, les manifestations et campagnes de promotion de la lecture, la mise en réseau de toutes ces activités sur le plan suisse avec les institutions poursuivant le même but - on devrait le réduire. On devrait réduire le fonds des livres. Vous savez qu'une bibliothèque est attractive si la personne qui cherche un livre le trouve. Si on diminue le budget, les fonds de livres seront moins actualisés et donc moins intéressants pour les lecteurs. Cela peut mettre en péril les petites bibliothèques dans les vallées.
Et finalement, si on coupe 1 million de francs, si on enlève 30 pour cent du budget, les bibliocentres de Biasca et de Lausanne, qui sont les succursales du bibliocentre suisse, qui accomplissent le travail dans les régions de langues latines, sont en péril. On devrait donc diminuer la capacité des bibliocentres, voire peut-être les supprimer. Vous voyez qu'une des tâches les plus importantes dans notre pays, assurer une présence de bibliothèques sur tout le territoire et promouvoir la lecture et l'échange linguistique et culturel, est mise en péril avec cette coupure. Notre pays se compose de quatre cultures, de quatre langues, et on doit absolument promouvoir l'échange entre ces cultures.
Au nom de la commission, qui s'est prononcée par 12 voix contre 7, je vous demande de confirmer le crédit de 8 millions de francs à la Fondation Bibliomedia.