Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · 2003-12-18
Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · Genf · 2003-12-18
Wortprotokoll
La globalisation a donné naissance à un monde nouveau, à un monde de plus en plus imbriqué et interdépendant, confronté à des problèmes qui transcendent les frontières nationales. De nos jours, presque tous les domaines politiques revêtent une dimension internationale et nous devons faire face à des défis de taille, des défis qui ne reculent devant aucune frontière. Il n'est plus possible de concevoir notre politique économique, sociale, environnementale, énergétique et migratoire à partir de réflexions purement nationales. La recherche de solutions viables et propres à sauvegarder nos intérêts exige une action concertée de la part de la communauté internationale dans son ensemble. Nous vivons aussi une époque de mutation, et notre sécurité est exposée à des risques globaux. La pauvreté en fait partie, de même que l'exclusion d'économies nationales et régionales du commerce mondial, les catastrophes naturelles, les épidémies, le terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive et du crime organisé.
A l'aube du nouveau millénaire, la réduction de la pauvreté figure en tête des priorités de l'agenda international. Il y a un an, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a présenté un rapport exposant les progrès réalisés dans la poursuite des Objectifs du Millénaire. A cette occasion, il a déploré la lenteur avec laquelle la situation évolue dans certaines régions du globe et a insisté sur la nécessité de redoubler d'efforts. La Suisse entend donc poursuivre son engagement, conformément à son mandat constitutionnel et à ses engagements internationaux. En approuvant le crédit de programme, la Suisse démontre clairement qu'elle est disposée à assumer sa responsabilité aux côtés des autres nations et à respecter les engagements pris au sein de la communauté internationale.
Concernant plus précisément les divergences portant sur le volume du crédit-cadre: vous avez à approuver ici un crédit d'engagement, c'est-à-dire que vous autorisez le Conseil fédéral à augmenter ses engagements jusqu'à concurrence d'un montant de 4,4 ou de 4,2 milliards de francs, montant sur lequel vous trancherez tout à l'heure. Ce crédit d'engagement, pour être concrétisé, doit encore figurer sous forme de crédits de paiement dans les budgets successifs. Nous avons besoin d'une marge par rapport au total des crédits de paiement qui sont prévus pour la même période. Nous avons besoin d'une marge parce qu'il n'y a pas adéquation entre les périodes d'engagement et les périodes de paiement. Par exemple, nous négocions actuellement le programme IDA-14 avec la Banque mondiale, un programme de l'ordre de 600 millions de francs pour une durée de huit ans. D'où le besoin de pouvoir gérer au-delà des périodes de quatre ans, d'où le besoin d'une marge.
Ceci étant, quel est le ministre qui ne souhaiterait pas pouvoir disposer des crédits - fussent-ils d'engagement - maximums? Je n'échappe pas à la règle, je souhaiterais également avoir un crédit d'engagement maximum.
Néanmoins, je pourrais vivre avec le crédit de 4,2 milliards de francs, pour autant que, si la situation devenait difficile, je puisse revenir devant vous avant la fin de la période des quatre ans.