Dupraz John · Nationalrat · 2004-03-17
Dupraz John · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2004-03-17
Wortprotokoll
Dans sa séance du 23 mai 2002, la Commission de politique extérieure du Conseil national a accepté le postulat qui vous est soumis concernant la suspension des achats de biens militaires en provenance d'Israël, par 11 voix contre 5 et 1 abstention.
Tout homme, quel qu'il soit et d'où qu'il vienne, a droit au respect et à la dignité humaine, et ce précepte s'applique également aux Israéliens et aux Palestiniens. Pour garantir ces droits énoncés, la paix est indispensable. C'est pourquoi il faut condamner avec fermeté aussi bien les attentats suicidaires des Palestiniens contre la population israélienne que l'occupation illégale des territoires palestiniens et les incursions de l'armée israélienne dans ces territoires. Cette escalade ne fait que pourrir une situation qui devient insupportable pour les populations civiles autant palestiniennes qu'israéliennes. En effet, maintenant, plus de trois ans et demi ont passé depuis le début de la seconde Intifada en septembre 2000; la fin du conflit entre Israéliens et Palestiniens ne semble toujours pas en vue. A la fin décembre 2003, près de 830 Israéliens et plus de 2400 Palestiniens avaient perdu la vie dans ce conflit. Parmi les victimes se trouvent environ 600 enfants ou jeunes gens. A cela s'ajoutent des milliers de blessés et de mutilés dans les deux camps. Voilà le bilan désolant de ces quelques années passées. Seule une politique de concertation peut conduire à une solution ramenant la paix durable entre les deux communautés.
Le Conseil fédéral et la Suisse agissent dans cet objectif: obtenir la paix. La Suisse, qui est maintenant membre de l'ONU, doit donc agir de concert avec l'ONU en contribuant à l'application des résolutions de l'Assemblée générale des Nations Unies et de son Conseil de sécurité. L'engagement pour les droits de l'homme, pour la démocratie et pour l'Etat de droit représente un des cinq buts de la politique étrangère suisse. De manière conséquente, la Suisse a toujours basé sa politique par rapport au Proche-Orient sur les droits de l'homme et le droit humanitaire. De plus, par son soutien à l'Initiative de Genève, la Suisse a aussi donné un signe que même un petit Etat peut apporter une contribution importante pour la résolution du conflit au Proche-Orient.
Vu la gravité et le nombre élevé d'atteintes aux droits de l'homme dans le conflit israélo-palestinien, la Suisse est appelée à prendre ses responsabilités pour une résolution pacifique. De par sa position importante en tant qu'Etat dépositaire des conventions de Genève, et en tant que promotrice de l'Initiative de Genève, elle prend un rôle décisif dans l'adoption du droit humanitaire. Ce rôle, et la politique étrangère de la Suisse dans son ensemble, ne peuvent être crédibles que si la Suisse met elle-même en pratique les normes élevées qu'elle fixe au niveau des droits de l'homme et des droits humanitaires dans sa propre politique extérieure.
De plus, la Suisse est un pays neutre. La conception de la neutralité dans un conflit doit à mon avis être active et passive. Certes, la Suisse interdit de vendre des armes à un pays qui participe à un conflit armé; la Suisse ne vend donc pas d'armes à Israël, mais cela ne suffit pas, car elle lui achète des biens militaires. C'est donc passivement contribuer au renforcement des moyens militaires d'Israël. Il est quelque peu hypocrite d'affirmer garantir la neutralité du pays en se contentant de ne pas vendre des armes à Israël. C'est pourquoi la commission a voulu donner un signal de politique fort pour la paix entre Israël et les Palestiniens, conformément au but immuable de la politique extérieure de la Suisse: la recherche de la paix dans le monde.
C'est pourquoi nous vous demandons d'adopter ce postulat.