Lexipedia

Neirynck Jacques · Nationalrat · 2000-06-06

Neirynck Jacques · Nationalrat · Waadt · Christlichdemokratische Fraktion · 2000-06-06

Wortprotokoll

Je ne veux pas parler finances. A cette tribune, je vais pour une fois parler technique et, en cinq minutes, essayer de vous convaincre qu'il n'y a pas d'autre solution technique.

Le TGV ne peut pas rouler au-dessus de 250 km/h, parce qu'au-delà on déforme les rails. Donc, on est complètement bloqués. Je ne parle même pas des problèmes d'expropriations qui ont rendu tellement difficile la création de la nouvelle ligne entre Berne et Zurich et qui ont de fait imposé pratiquement une réalisation en tunnel d'un bout à l'autre. Et un tunnel extrêmement coûteux, car c'est un tunnel à la pression atmosphérique. Or, à cette pression, il faut un grand tunnel parce que sinon, il y a un effet de piston de l'air.

Il en est de même des aéroports. Les aéroports de Zurich-Kloten et de Genève-Cointrin sont saturés. Le transport aérien est aussi un transport qui, petit à petit, ne pourra plus remplir sa fonction, sauf à subir les attentes que vous connaissez.

L'idée géniale de Rodolphe Nieth, qui fera partie un jour des grands inventeurs suisses comme Auguste Piccard, consiste à construire un avion sans ailes, un train qui n'a pas de roues. La sustentation magnétique signifie qu'il n'y a pas de frottement sur les rails et qu'il n'y a pas de déformations des rails. Donc, on peut le déplacer à haute vitesse en utilisant très peu d'énergie, dans un tunnel de petite section. De toute façon, toutes les voies que nous créerions seront en tunnel, mais dans celui de Swissmetro on pourra faire le vide, et il n'y aura pas d'effet de piston. Ce tunnel sera de faible section et facile à creuser, spécialement dans la molasse. On peut y avancer à raison de trente-cinq mètres par jour. Enfin, on emploie un moteur linéaire pour faire avancer le tout.

On peut circuler de cette façon-là à 500 km/h; on ne pourra jamais le faire en plein air; on ne pourra jamais le faire sur des rails avec des roues; c'est donc une invention qui, d'une façon ou d'une autre, sera nécessaire à un certain moment.

Pourquoi la promouvoir en Suisse? La Suisse a utilisé, dans son histoire, continuellement, la position privilégiée qu'elle occupe au noeud alpin. Mais le Saint-Gothard et le Simplon, à un certain moment, ne seront plus nécessaires. Les Français et les Italiens, s'ils le veulent, un jour, construiront un Eurometro entre Lyon et Turin. Prendre de l'avance, c'est conserver notre position de maîtres du centre de l'Europe, et c'est utiliser l'invention d'un inventeur suisse qui est certes un précurseur, comme Auguste Piccard le fut en son temps.

En tant qu'ingénieur, je vous demande de soutenir ce projet qui, à tous les points de vue, doit l'être.