Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · 2004-09-30
Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2004-09-30
Wortprotokoll
D'abord, j'aimerais dire qu'au moment de la campagne pour l'entrée de la Suisse dans l'ONU, la question de la neutralité avait été avancée, tant par les opposants que par les partisans. Or, indiscutablement, notre politique de neutralité n'a été en aucune manière altérée par notre participation depuis deux ans à l'ONU, bien au contraire! On pourrait même dire que l'esprit de la neutralité et de promotion de la paix et d'actions pour la paix a donné à la Suisse une crédibilité, l'a fait bénéficier d'une confiance qui s'est traduite par le fait qu'on lui a confié des mandats. Je crois qu'on peut dire aujourd'hui que la présence de la Suisse à l'ONU a totalement et parfaitement correspondu à sa politique de neutralité.
Monsieur Wobmann a dit tout à l'heure: "Au fond, la Suisse aurait pu faire tout autant en n'étant pas membre de l'ONU et je ne vois rien dans le rapport qui montre que sa participation et son adhésion à l'ONU lui ont donné des possibilités d'action supplémentaires." C'est une manière, Monsieur Wobmann, de dire qu'elle n'a pas pu faire moins! et que le fait d'être dans l'ONU depuis deux ans ne l'a pas empêchée d'être disponible pour des bons offices ou pour des actions d'intermédiaire. Par conséquent, les craintes qui avaient été exprimées à l'époque se sont révélées complètement infondées.
Mais la vérité et la réalité, c'est qu'au contraire, elle a pu faire bien davantage. Tout ce qui a été énuméré, notamment par Madame la conseillère fédérale Calmy-Rey tout à l'heure, le montre: croyez-vous vraiment que si nous n'avions pas été membres de l'ONU, nous aurions reçu un mandat, par exemple, pour évaluer la compatibilité du mur érigé par Israël avec le droit humanitaire? Probablement pas. Croyez-vous qu'en ce qui concerne la Commission des droits de l'homme, nous serions écoutés comme nous le sommes? Je crois vraiment que l'on peut dire que, dans sa fidélité à son action de toujours, la Suisse a maintenant des possibilités de poursuivre sa politique étrangère de manière bien plus efficace, dans son intérêt et dans l'intérêt de la communauté internationale.
Finalement j'aimerais, comme le rapporteur de langue allemande, dire que la commission a été impressionnée, mais vraiment impressionnée, par tout ce que le Conseil fédéral et ses diplomates ont pu accomplir, ont pu tenter depuis deux ans. Véritablement, c'était un défi pour la diplomatie suisse que cette entrée de la Suisse dans l'ONU. Ce défi a été vraiment relevé de manière remarquable.
La commission a considéré - avec les discussions qu'elle a eues, certaines réserves qui ont été émises, certaines inquiétudes qui ont été exprimées - qu'elle devait apporter ses félicitations, ses remerciements et son soutien relativement à la politique menée par le Conseil fédéral et par le Département fédéral des affaires étrangères à l'ONU.
Je vous invite à prendre acte du rapport dans ce même esprit.