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Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · Genf · 2004-10-07

Wortprotokoll

Je voudrais tout d'abord remercier le président de la Commission de politique extérieure, Monsieur Peter Briner, pour le rapport qu'il vient de faire.

Notre adhésion aux Nations Unies nous a donné des moyens nouveaux pour défendre nos intérêts et réaliser les objectifs de notre politique étrangère. Au cours de l'année écoulée, nous avons pu affiner le profil de la Suisse au sein des Nations Unies et le présenter comme celui d'un pays actif dans l'organisation, attaché au multilatéralisme, attaché au développement du droit international, à la recherche de solutions concrètes et sans agenda caché. La Suisse ne participe pas à un quelconque "bloc", la Suisse est un pays indépendant et neutre. Cette situation fait qu'au sein des Nations Unies, l'appui de la Suisse - du fait de sa crédibilité - à différents projets est recherché.

J'ai pu vérifier lors de mon passage à New York le crédit que l'on accorde à notre pays. J'ai pu avoir des discussions avec les membres du panel qui a été mis en place par le secrétaire général des Nations Unies pour faire des propositions de réformes de l'institution. Je leur ai présenté les résultats du travail du groupe d'experts, dirigé par la Suisse, sur le droit de la légitime défense et les propositions de notre pays en matière de réforme de la Commission des droits de l'homme. Il y a eu un intérêt très certain du panel pour la proposition de la Suisse de créer un conseil des droits humains.

L'entrée de notre pays dans les Nations Unies a, de fait, changé une chose: nous devons nous engager de façon plus importante qu'auparavant dans tous les domaines d'activité des Nations Unies et nous devons prendre des positions. Cela demande la capacité de participer à des rencontres multiples en dehors de séances formelles, aux discussions des différents membres des Nations Unies.

Je suis convaincue que nous avons réussi notre mutation. La Suisse jouit, encore une fois, d'une bonne réputation et d'une crédibilité certaine parce qu'elle sait défendre ses intérêts tout en participant de façon constructive à la recherche de solutions. Elle sait aussi assumer des responsabilités particulières, notamment dans le domaine du droit international humanitaire.

Le rôle de la Suisse est apprécié, nous le voyons au travers de la nomination du professeur Nicolas Michel à l'un des postes les plus importants dans l'équipe rapprochée du secrétaire général. Le travail d'Adolf Ogi, comme conseiller spécial pour le sport au service de la paix et du développement, est très apprécié, de même que le travail de la représentante spéciale du secrétaire général en Géorgie, Madame l'ambassadrice Heidi Tagliavini. La présence de Kofi Annan, notamment lors de la remise du cadeau de la Suisse aux Nations Unies, marque la sympathie qui est éprouvée à l'égard de la Suisse. La Suisse préside également plusieurs groupes de travail comme le Mine Action Support Group et le Working Group on Marking and Tracing of Small Arms and Light Weapons. Une autre marque de reconnaissance de taille, plus récente celle-là, vient d'être obtenue par la Suisse avec succès - conjointement avec la ville de Rome et à l'issue d'une candidature commune: elle accueillera, à Genève, le secrétariat de la Convention de Rotterdam.

Donc, notre pays est apprécié, reconnu, et aussi, dans ce sens-là, vous me permettrez de citer le mandat qui a été donné à la Suisse par l'Assemblée générale des Nations Unies au sujet du mur édifié dans les territoires palestiniens occupés. Là, la Suisse aura une tâche difficile - qui, bien sûr, marque la crédibilité dont jouit la Suisse: savoir comment mieux appliquer le droit international humanitaire dans les territoires occupés et rendre l'organisation plus efficace.

Monsieur Reimann, concernant le représentant spécial, Monsieur Jean Ziegler, qui a été nommé par le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, je viens de me renseigner pour savoir si la Suisse avait soutenu cette candidature ou pas. On m'a dit que non puisque cela a été véritablement une nomination par le secrétaire général des Nations Unies. Le poste n'est pas financé par la Suisse et le mandat de Monsieur Jean Ziegler se termine en 2006.

Pour ce qui concerne maintenant la dernière question que vous avez posée, à savoir la position de la Suisse sur la question de l'élargissement du Conseil de sécurité, nous estimons, premièrement, que la composition du Conseil de sécurité n'est plus suffisamment représentative et devrait mieux refléter les changements géostratégiques de ces dernières années. Nous pensons, deuxièmement, qu'il appartient en premier lieu aux groupes régionaux de se mettre d'accord sur les éventuels candidats de chaque région qui pourraient être admis au sein du conseil en tant que membres permanents ou semi-permanents. Sur ce plan, nous attendons les propositions du panel nommé par le secrétaire général des Nations Unies pour la fin de l'année.

La Suisse est en outre opposée à ce que l'on accorde le droit de veto à plus de membres ou à son renforcement. La Suisse a demandé au contraire que les membres du Conseil de sécurité utilisent ce droit de veto avec circonspection et s'expliquent sur l'utilisation de ce droit. Pour ce qui concerne le soutien de la Suisse à l'Allemagne, le président de la Confédération a exprimé sa sympathie à l'égard de la candidature allemande au sein du Conseil de sécurité. Pour le reste, il appartient aux groupes régionaux de se prononcer avant tout sur les éventuels candidats qui appartiennent à ces mêmes groupes.

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