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Darbellay Christophe · Nationalrat · 2004-11-29

Darbellay Christophe · Nationalrat · Wallis · Christlichdemokratische Fraktion · 2004-11-29

Wortprotokoll

Au terme des débats de la commission et des sous-commissions, le groupe PDC se réjouit que le budget 2005 soit conforme aux exigences du frein à l'endettement et, par conséquent, conforme à la volonté du souverain. L'objectif principal est donc atteint. C'est chose faite avec ce budget qui présente un déficit de 1,8 milliard de francs. Certes, un déficit n'est jamais réjouissant, mais il est inférieur de 39 millions de francs aux exigences du frein à l'endettement. Les finances de la Confédération sont donc en voie d'assainissement. L'objectif de revenir dans les chiffres noirs pourrait être atteint en 2007 au terme de la législature; c'est l'objectif du Conseil fédéral, c'est aussi le nôtre. Nous ne saurions léguer des dettes aux générations futures, mais nous voulons un Etat svelte - ni l'Etat-providence ni un Etat famélique -, nous voulons un Etat aux finances saines qui soit à même de remplir ses tâches fondamentales et de fournir efficacement des prestations à l'ensemble de la population.

Les recettes progressent à la faveur de la reprise économique amorcée. Les dépenses se stabilisent peu à peu: 80 pour cent des augmentations constatées sont encore dues à la politique sociale et à l'augmentation des intérêts sur les dettes de la Confédération. Il faudra là prêter attention au niveau historiquement bas des intérêts, ce qui pourrait nous réserver des surprises. Nous sommes par contre nettement plus préoccupés par le compte de résultats qui présente un excédent de charges de 3,9 milliards de francs. Ce mauvais résultat est lié à des charges exceptionnelles, pour l'essentiel à l'assainissement des caisses de pension de la Poste et de la Confédération.

Le groupe PDC s'oppose avec toute la fermeté nécessaire à la proposition de renvoi au Conseil fédéral qui émane de l'UDC. Est-ce que l'UDC veut, oui ou non, assumer sa tâche de parti gouvernemental, ses responsabilités, ou s'agit-il simplement de faire de la "politique-spectacle" et d'amuser la galerie? La "politique-spectacle", c'est bien; faire des propositions réalistes et parvenir peu à peu à assainir les finances fédérales, ce serait mieux et la moindre des choses. Chers collègues de l'UDC, vous avez fait cette proposition de renvoi sans même discuter du fond, par pur dogmatisme: ce n'est pas responsable! La procédure d'établissement du budget ne peut plus fonctionner de la sorte! En sous-commission, vous - comme nous - n'avez pas fait de propositions substantielles de coupes budgétaires. Vous avez attendu le plénum pour tirer à vue sans grand argument, mus par la seule volonté d'économiser, sauf chez vos clients et votre leader charismatique qui a besoin de plus d'argent encore pour payer ses amis consultants afin de restructurer son secrétariat général.

Au bout du compte, nous étions parvenus à économiser un peu moins de 200 millions de francs: cela ne représente peut-être pas grand-chose, mais il faut savoir que la marge de manoeuvre est faible. Tout d'abord, le Conseil fédéral avait fait correctement son travail. Ensuite, vient la question des délais. Nombre de dépenses sont liées à l'exécution de lois invariables à court terme: comment économiser pour le 1er janvier 2005 plus de 200 millions de francs sur le dos du personnel de la Confédération, alors que les délais de congé sont de trois mois, et que 2005, c'est déjà demain?

Le groupe PDC avait fait une proposition d'économie plus réaliste: 66 millions de francs sur le personnel. Un montant entre la proposition du groupe UDC d'agir à la hussarde et celle de la gauche qui ne veut surtout pas économiser. Devant l'alliance contre nature entre le groupe UDC - pour qui on n'économise jamais assez - et le groupe socialiste - pour qui on économise toujours trop - qui menaçait ce projet de budget, nous avons procédé à un nouvel examen. Bilan: 66 millions d'économies en moins. Dommage!

Si personne n'est prêt à négocier, même durement, et à accepter des compromis réalistes, cela ne peut plus durer. La Suisse a failli ne pas avoir de budget à cause de l'alliance des conservateurs de droite et de gauche. Pour la place économique et financière de notre pays, cela aurait étrangement rappelé l'image d'avions cloués sur le tarmac.

Sans entrer dans le détail, le groupe PDC insiste sur sa volonté, dans le cadre du budget et surtout dans le cadre du plan d'allègement budgétaire 2004:

- de mettre en oeuvre des standards en matière d'infrastructure, d'informatique et de salaires dans toute l'administration, sans exception ni privilège historique;

- de réduire drastiquement le nombre des commissions consultatives, dont bon nombre ne sont pas très utiles; et je pèse mes mots;

- d'épuiser les synergies entre les offices en supprimant les doublons encore trop nombreux;

- d'éviter à tout prix le report de charges sur les cantons et les communes;

- de tenir la parole donnée en terminant dans les plus brefs délais le réseau autoroutier;

- de combattre les coupes budgétaires dans les domaines des transports publics régionaux, de la forêt, des ouvrages de protection contre les dangers naturels; si elle a un coût, la sécurité des populations de montagne n'a pas de prix.

Je me pose vraiment des questions: le plus grand parti veut aujourd'hui refuser ce budget, un autre dit oui du bout des lèvres, et pour le troisième, c'est un point d'interrogation. Evidemment, on n'est pas content d'avoir un déficit, mais on ne peut pas refuser le budget un mois avant le début de l'exercice.