Lexipedia

Vanek Pierre · Nationalrat · 2004-12-02

Vanek Pierre · Nationalrat · Genf · Fraktionslos · 2004-12-02

Wortprotokoll

Tout à l'heure, le représentant du groupe UDC est venu dire qu'il était le représentant d'un parti qui était à cent pour cent derrière l'armée et la soutenait toujours. Je viens ici pour vous dire, au nom d'"A gauche toute!", que nous sommes à cent pour cent dans le camp inverse. Au-delà des discussions "techniques" sur la capacité de tel ou tel avion, l'utilité de tel ou tel char ou de telle ou telle guerre qui va ou ne va pas avoir lieu, nous sommes opposés sur le fond à la politique et à l'existence de l'armée suisse: nous avons soutenu les initiatives pour la suppression de celle-ci et nous continuerons à le faire. Nous pensons que c'est une voie sans issue - du point de vue de la paix, de la sécurité.

Dans le contexte actuel, nous avons de plus des raisons particulières de nous opposer à la dérive de l'armée. La dérive, on l'a vue; elle a été illustrée dans le débat précédent concernant le WEF: au nom d'une prétendue guerre "contre le terrorisme" ou contre les "extrémistes" divers, on limite les libertés publiques et on met toujours plus l'armée à disposition d'une politique sécuritaire et de répression. D'ailleurs, sur les avions de transport mêmes, le rapporteur de langue allemande n'a pas résisté au fait de mentionner qu'ils permettraient par exemple de transporter des forces de police dans le cadre d'événements comme celui du WEF à Davos.

Ce que j'aimerais dire aussi, au-delà de notre position de principe, c'est que ce débat, cette volonté de dépenser ces 647 millions de francs font l'impasse sur les réels besoins de sécurité des habitants de ce pays: ce sont des besoins de sécurité en matière d'emploi, de logement, d'environnement, d'assurances sociales, de service public .... Je pourrais continuer longtemps. Les besoins sont évidemment criants. Or, le fait de voter 647 millions de francs pour ces dépenses militaires, des chars, des casques, des avions militaires est un véritable hold-up au détriment des besoins réels des gens de ce pays.

Certains ont argumenté, en se référant à la votation sur l'"Armée XXI", qu'il y avait une légitimité populaire à engager ces dépenses - une légitimité démocratique. La réponse figure dans le texte même de l'arrêté que nous examinons. Il y a ici un article 4 qui prévoit: "Le présent arrêté n'est pas sujet au référendum." Mesdames et Messieurs, réveillez-vous! Je vous assure que si ce programme consistant à acheter des chars qui ne servent à rien, des avions qui ne servent à rien, des casques à boulon qui ne servent à rien, pour 647 millions de francs, était sujet au référendum, en opposition avec des besoins sociaux évidents en matière de retraite, par exemple, ou d'éducation ou de logement, nous récolterions les 50 000 signatures en 50 jours et non pas en 100, et nous gagnerions la votation non pas en faisant plus de la moitié des voix, mais plus des deux tiers des voix!

C'est ça la réalité de ce pays, la réalité que vous masquez à travers des débats techniques. La question essentielle n'est pas là, la question essentielle est de savoir au service de qui doit être cet Etat: au service des besoins de la population ou au service de lobbies - le représentant de l'UDC a expliqué les combines qui font que ces chars "doivent" être commandés à RUAG - et d'une idéologie complètement dépassée et antidémocratique?

Non! N'entrez pas en matière, soyez sérieux, ne serait-ce que pour avoir le débat de fond que réclamait notre collègue Lang en défendant un moratoire sur ces dépenses.