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Zisyadis Josef · Nationalrat · 2004-12-06

Zisyadis Josef · Nationalrat · Waadt · Fraktionslos · 2004-12-06

Wortprotokoll

Un mot, tout d'abord, sur la méthode d'approbation des accords bilatéraux II. Une fois de plus, le Conseil fédéral se moque du Parlement. De deux choses l'une: ou nous avons un système bicaméral et on le respecte, ou alors on ne veut plus de ce système bicaméral - ce qui n'est pas grave en soi -, mais alors, que le Conseil fédéral propose de modifier la Constitution pour passer à une chambre unique.

Non, à vouloir traiter en même temps dans les deux chambres les accords bilatéraux, le Conseil fédéral se moque de nous. Si vous croyez que c'est ainsi que vous allez faire avancer la cause européenne dans le pays, je pense que vous vous trompez lourdement. Vous êtes en train d'offrir un tremplin à l'UDC. En ce moment même, nous sommes en train de distribuer dans cette salle, que le public le sache, le projet de Schengen, ce qui veut dire que nous n'avons même pas en main ce qui est sorti des commissions. Voilà comment nous travaillons dans ce Parlement!

Venons-en au fond du problème. Nous n'avons rien contre les accords bilatéraux avec l'Europe, bien que pour nous, l'essentiel reste la question de l'adhésion de la Suisse à l'Union européenne et si possible avant que l'Union européenne ne s'élargisse à la Turquie, à la Bosnie-et-Herzégovine, voire demain à la Serbie-et-Monténégro ou au Kosovo. Car avec la politique blochérienne en matière de migrations et d'asile, ce seront peut-être eux qui lutteront efficacement contre notre entrée ultérieure, et ils auraient tort de ne pas s'en souvenir ....

A notre avis, on ne peut pas dissocier la question des Bilatérales de la question fondamentale de savoir de quelle Europe les peuples ont besoin. La construction européenne stagne, sans autre dynamique que la construction du grand marché. Pourtant, face à la mondialisation libérale, aux firmes transnationales, à la puissance agressive des Etats-Unis, nous avons besoin de l'Europe. Or, l'Europe qui se fait aujourd'hui est une pseudo-Europe qui encourage le dumping social ou fiscal, qui traque l'intervention économique des Etats et des services publics. En disant cela, nous sommes en totale concordance avec les forces de la gauche combative qui se battent au sein de l'Union européenne contre la Cconstitution européenne néolibérale, et qui exigent, par exemple, des référendums nationaux. L'entrée de la Suisse au sein de l'Union européenne est pour nous, bien sûr, une absolue nécessité, pour nous retrouver ensemble afin de la transformer de l'intérieur; mais il n'est pas question pour nous d'avaler des couleuvres, sous prétexte que nous allons faire le jeu du repli national. C'est le plus mauvais service que nous pourrions rendre à la cause européenne. Au contraire même, lorsque le peuple suisse refuse la libéralisation du marché de l'électricité, il fait avancer le processus européen; lorsque les salariés de Swissmetal ou de Filtrona à Crissier se mettent en grève contre leur future délocalisation, ils apportent une contribution bénéfique à la cause européenne. A sa façon, le peuple d'Ukraine incarne, avec sa mobilisation exemplaire, la défense de la démocratie directe en actes, et par là même incarne une Europe des peuples et de la démocratie.

"A gauche toute!" est d'accord avec certains des accords bilatéraux, mais est opposé à plusieurs accords qu'il ne peut pas accepter par cohérence politique: ceux de Schengen/Dublin qui érigent une Europe forteresse contre les immigrés et les réfugiés de la misère, et celui de la fiscalité de l'épargne qui ménage le secret bancaire suisse. Ce que nous ferons donc, c'est un choix sélectif de la cohérence politique, alors même qu'"A gauche toute!" et nos forces ne lanceront pas de référendum contre chacun de ces accords.