Cuche Fernand · Nationalrat · 2004-12-16
Cuche Fernand · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2004-12-16
Wortprotokoll
Si j'ose une expression militaire: je viens en appui, suite aux déclarations de mes collègues Josef Lang et Pia Hollenstein, pour rappeler que le groupe des Verts soutient l'ensemble des propositions de minorité.
Je vais formuler deux remarques en ce qui concerne, d'une part, les chars de déminage et, d'autre part, les avions de transport.
Nous constatons que, dans la définition de ces chars de déminage, le département, de façon relativement habile, nous présente un engin qui est quand même au départ du matériel militaire - il s'agit d'un char -, mais qui peut être équipé d'une pelleteuse et d'une planche à l'avant, ce qui permet [PAGE 2149] d'égaliser le terrain, par exemple. Nous pensons qu'il est dangereux de glisser sur cette pente - est-ce du matériel civil ou est-ce du matériel militaire? -, notamment lorsqu'on envisage d'intervenir à l'étranger. Pour nous, il s'agit de matériel militaire.
Ce qui nous frappe aussi, à la lecture du message du Conseil fédéral, c'est qu'on a l'impression d'être dans l'ancien monde, ce monde qui nous menaçait de toute part; il était en permanence nécessaire d'avoir des forces armées, notamment des chars tout au long des frontières. Mais le message en même temps ne nous dit pas quand, ni où ils interviendront. Cela nous fait un peu penser à un paysan qui achèterait une moissonneuse-batteuse qui, en même temps, permettrait de récolter des pierres, d'arracher des mauvaises herbes et encore de tailler la haie lorsqu'elle arrive en bordure de champ; il ferait cet achat tout en sachant que dans les vingt ou trente ans à venir, il ne cultivera pas de céréales - tout comme l'on sait - et même militairement parlant - qu'il n'y aura pas d'invasion de la Suisse dans les trente ou quarante ans qui viennent.
A notre sens, premièrement, ces chars de déminage sont inutiles du point de vue de la protection de la population, et, deuxièmement, en ce qui concerne les interventions à l'extérieur du pays, s'il le faut pour des cas de catastrophes telles que glissements de terrain, tremblements de terre et autres, nous devrons intervenir avec du matériel civil afin que l'acteur civil soit clairement identifié.
Enfin, si le DDPS estime qu'il est vraiment nécessaire d'avoir quelques chars de déminage à usage interne, si j'ai bien lu le message, je crois que le châssis du véhicule qui a été choisi est un châssis de char Léopard: qu'on utilise les chars Léopard qui sont sur les plots et qui nous coûtent énormément! Il faut les transformer: nous avons le matériel et les personnes pour le faire. Ainsi pendant quelques années encore, nous pourrions avoir une activité autour de ces chars qui "freinerait" un petit peu la problématique de l'emploi au sein de ce département!
En conclusion, sur cette question des chars, nous pensons que s'il y a de l'argent à investir en ce qui concerne la problématique des mines, la Suisse doit respecter ses engagements et les intensifier en ce qui concerne le déminage humanitaire. Rappelons ici que ces engins ne concernent pas le déminage humanitaire, mais le déminage militaire.
En ce qui concerne les avions de transport: plusieurs intervenants - et le message du Conseil fédéral aussi - ont fait référence à la sécurité par la coopération qui était l'objet d'un volumineux rapport que nous avons accepté. Il faut dire qu'entre-temps, la conjoncture internationale a évolué de façon à nous rendre très prudents à l'égard d'éventuels nouveaux engagements à l'extérieur des frontières, notamment lorsqu'un des pays les plus puissants du monde - si ce n'est le plus puissant militairement - prend la liberté d'intervenir ici ou là militairement, créant des tensions internationales extrêmement pénibles et difficiles à gérer, faisant fi de l'autorisation du Conseil de sécurité de l'ONU. Alors, attendons de voir aussi comment vont évoluer ces engagements et soyons sur la retenue en ce qui concerne l'achat de ces deux avions de transport.
Je rappelle que beaucoup d'avions sont immobilisés en bout de piste et qu'il y a des disponibilités. Je crois que, là, la priorité, aussi pour des raisons économiques, est d'essayer de trouver des collaborations avec des partenaires qui sont des spécialistes du transport aérien.