Amgwerd Madeleine · Ständerat · 2004-12-08
Amgwerd Madeleine · Ständerat · Jura · Christlichdemokratische Fraktion · 2004-12-08
Wortprotokoll
Je soutiens la proposition de la minorité de la commission et vous demande d'en faire de même.
La raison est simple. Dans leur grande majorité, les autoroutes suisses sont construites. Il reste encore quelques tronçons, dont la Transjurane - l'A16 -, pour lesquels il est, à chaque discussion budgétaire, plus difficile d'attribuer le financement nécessaire, alors que celui-ci a été voté et prévu depuis de nombreuses années.
Le canton du Jura, avec d'autres cantons, fait partie de ces laissés-pour-compte. Voici un petit rappel. En 1990, il y a quatorze ans, la planification de la Confédération prévoyait de terminer l'A16, la Transjurane qui va de Boncourt et la frontière française à Bienne, en 2004. Nous sommes en 2004 et seuls les tronçons de Bienne à Tavannes et de Delémont à Porrentruy sont terminés. A peine la moitié de la Transjurane! Aujourd'hui, avec le 7e programme d'investissement à long terme des routes nationales, qui date de juillet 2003, le délai d'achèvement est fixé à 2014! Si le nouveau calendrier est respecté, il faudra 24 ans pour construire 46 kilomètres sur le territoire jurassien. En quatorze ans, de 1990 à 2004, le délai d'achèvement de la construction de l'A16 s'est allongé de dix ans ou, autrement dit, a pris dix ans de retard.
Les conséquences des coupes budgétaires dans ce domaine sont doubles.
1. Du point de vue économique et par rapport à l'effort de désenclavement des régions périphériques, la construction des autoroutes a toujours une incidence positive sur le développement économique d'une région. C'est particulièrement le cas pour les régions périphériques qui n'ont pas autant d'atouts à faire valoir que le Plateau suisse pour qui le réseau d'autoroutes est terminé depuis un certain temps déjà.
2. Du point de vue de l'emploi, les reports des travaux et les retards qu'ils impliquent ont des incidences directes sur le secteur de la construction, mais également sur les autres secteurs économiques qui y sont liés.
Des représentants des cantons du Jura, du Valais, de Neuchâtel et de Berne sont venus manifester à Berne le 6 novembre dernier. Ce n'est pas l'aumône qu'ils ont réclamé, mais simplement le respect des décisions populaires. S'il devait y avoir de nouvelles coupes budgétaires - ce que, bien sûr, nous ne souhaitons pas -, nous demandons qu'elles soient pour le moins linéaires et donc appliquées également à toutes les régions de Suisse, et non pas seulement aux régions périphériques qui sont à chaque fois pénalisées, alors que d'autres sont arbitrairement privilégiées.
J'en veux pour preuve les chiffres suivants: entre les sixième et septième programmes de construction des routes nationales, pour les années 2004-2007, 229 millions de francs ont été retirés au canton du Jura pour la construction de l'A16, alors que le canton de Zurich obtenait 103,5 millions de francs de plus. Permettre aux régions les moins favorisées par leur situation géographique de terminer leur réseau autoroutier, c'est investir pour le futur. C'est aussi leur donner la chance de se développer économiquement et de le faire de manière volontariste.
Je le répète: ce n'est pas la pitié ou l'aumône que le Jura - avec d'autres cantons - réclame, c'est le respect des engagements pris par la Confédération et ratifiés par le peuple.