Ory Gisèle · Ständerat · 2004-12-08
Ory Gisèle · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2004-12-08
Wortprotokoll
Je soutiens la proposition de la minorité. Nous ne devrions pas diminuer le budget de la promotion des énergies renouvelables. Il faut savoir que Suisse Energie est un programme très important du point de vue de notre futur approvisionnement en énergie. Nous voyons déjà aujourd'hui que le prix du pétrole a tendance à augmenter, nous savons que la demande va exploser avec la volonté des pays émergents d'améliorer leur confort. Les habitants de la Chine, en particulier, veulent se chauffer et se déplacer en voiture. Le prix des énergies fossiles ne va donc pas baisser, il va même continuer à augmenter d'une manière générale.
Nous importons douze millions de tonnes de pétrole par an, notre économie est donc fortement dépendante d'une ressource extérieure. Nous voyons que les ressources énergétiques de la planète ont tendance à se concentrer dans les mains de quelques grandes puissances. Augmenter le recours à des énergies autochtones est aussi une manière d'assurer notre indépendance énergétique et, donc, économique.
Chez nous, nous avons des sources d'énergie, mais nous devons encore les développer: le bois, l'énergie hydraulique évidemment, mais aussi les nouvelles énergies comme le solaire ou la géothermie. Ce sont des énergies d'avenir à haute valeur technologique. Nos ressources énergétiques sont d'ailleurs essentiellement renouvelables. Cela signifie qu'en assurant notre indépendance énergétique nous assumons aussi notre responsabilité environnementale. Dès lors que nous devons faire un effort particulier pour arriver à tenir nos engagements en matière de CO2, maintenir le rythme en ce qui concerne notre programme d'économie d'énergie et de promotion des énergies renouvelables est une excellente opportunité de le faire sans inconvénient et même, au contraire, en optimisant les avantages.
Or, c'est le contraire que nous avons fait jusqu'à maintenant. Le programme Suisse Energie n'a pas cessé d'être raboté au cours de ces dernières années: 74 millions de francs en 2001, 67 millions en 2002, 63 millions en 2003, 49 millions en 2004. Il ne peut l'être encore une fois, ce serait contraire à toute rationalité économique, car nous ne pouvons perdre de vue que, pendant ce temps, l'Union européenne investit 7 milliards d'euros par an dans la promotion des énergies renouvelables. Nous sommes en train de laisser à nos voisins l'avance et l'avantage dans un domaine de haute technologie qui est important pour la Suisse.
Je vous propose donc de suivre au moins la minorité de la commission et de faire cette moitié de chemin que nous propose Monsieur Lombardi.