Lexipedia

Marty Dick · Ständerat · 2005-03-02

Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2005-03-02

Wortprotokoll

J'ai des intérêts en cette matière dans la mesure où - et c'est la seule raison - je suis un auditeur et un téléspectateur. Aucun autre intérêt ne me lie à cette matière.

Je n'avais pas l'intention de prendre la parole, mais les interventions faites, que j'ai écoutées avec attention, m'ont stimulé, de même que ce qui a précédé ce débat. En commission, et bien que nous soyons deuxième conseil, il y a eu plus de 100 propositions déposées.

Nous avons entendu parler de lutte de titans au sein de la commission, où il y avait une confusion entre débat et auditions. Je ne voudrais pas être polémique, et je sais que ce que je vais dire risque de me faire perdre quelques sympathies, mais je pense qu'on doit s'interroger sur le fait de savoir s'il est normal que les représentants d'organisations, qui, finalement, vont recevoir de l'argent participent activement aux travaux de la commission. Personnellement, j'ai quelques doutes. J'en ai d'ailleurs tiré personnellement les conséquences lorsqu'il s'est agi de traiter la demande de crédit pour le tourisme: bien que membre de la Commission de l'économie et des redevances, je n'ai participé à aucune séance de cette commission lorsqu'elle a traité cet objet. Je crois qu'il est normal d'entendre les représentants des groupes d'intérêts, mais il faut le faire dans le cadre d'auditions, sans quoi nous allons créer des inégalités. En effet, tous les groupes d'intérêts ne peuvent pas être représentés de la même façon dans toutes les commissions. C'est une réflexion que je vous soumets, pour l'avenir, pour avoir une certaine unité de doctrine dans le travail des commissions et pour définir notre rôle et aussi notre attitude vis-à-vis des groupes d'intérêts que nous représentons directement ou indirectement.

Ce que Monsieur Brändli a dit mérite une précision: je ne suis nullement l'avocat de la SSR. Monsieur Brändli se réfère à l'épisode suivant: un représentant du gouvernement du canton des Grisons n'a pas été élu, sauf erreur, au comité de la coopérative de la Radio et télévision de la Suisse italienne. Il est regrettable - il est à mon avis personnel même stupide - que cette élection n'ait pas eu lieu. Comme auditeur fidèle de la radio tessinoise en particulier, je dois préciser qu'il est tout à fait faux de dire que les Grisons sont oubliés. Il y a même au Tessin plusieurs vallées qui affirment que l'on parle beaucoup plus des Grisons que de la Leventine, du val Blenio ou que de la valle Maggia. Cette polémique est peut-être encore alimentée par les tirades que nous avons entendues hier lors du débat sur les trains à grande vitesse concernant l'état lamentable dans lequel se trouverait une partie de ce pays.

Je crois qu'il n'est absolument pas vrai que la Radio et télévision de la Suisse italienne ignore les Grisons. Il faut d'ailleurs bien préciser une chose: ces radios et télévisions de langues différentes en Suisse ne sont pas des radios locales. La Radio et télévision de la Suisse italienne n'est pas une radio et une télévision uniquement pour la région où l'on parle l'italien. Ce sont des émetteurs nationaux. La Radio et télévision de la Suisse italienne a probablement plus d'auditeurs et de téléspectateurs en dehors du Tessin qu'au Tessin. Quant à la Radio et télévision de la Suisse alémanique, elle compte beaucoup d'adeptes au Tessin et en Suisse romande; ce même principe vaut également pour la Radio et télévision de la Suisse romande. Je crois que c'est cela qui fait la valeur de la SSR, cette offre de multiculturalité et de multilinguisme au niveau national; c'est très précieux. Si l'on regarde ce qui se passe à l'étranger, je crois qu'on peut être un peu fier de ce qu'on a réussi à faire jusqu'à présent. Je n'aimerais pas qu'on détruise ce qui a été fait, et qu'on prenne pour modèle le niveau absolument misérable de certaines télévisions et de certaines radios situées au-delà de nos frontières.

J'aimerais encore soulever deux aspects qui me paraissent importants. Il me semble qu'il n'y ait pas beaucoup de lobbyisme pour Swissinfo. Swissinfo est une institution extrêmement importante. Il me paraît utile et nécessaire de donner un signal politique clair. Swissinfo est une fenêtre de la Suisse ouverte sur le monde; c'est à travers cette fenêtre que beaucoup de personnes à l'étranger connaissent notre pays, suivent ce qui s'y passe. C'est non seulement un lien important avec les nombreux Suisses qui vivent à l'étranger; c'est également une vitrine de très bonne qualité que notre pays offre à l'étranger, donc une présence suisse à l'étranger. J'ai l'impression que Swissinfo n'a pas toujours sa juste place au sein de la SSR et que, chaque fois qu'il s'agit de faire des économies, on les fait sur le dos de Swissinfo. Je souhaite que la position de Swissinfo soit renforcée.

Un autre aspect: j'ai constaté que, concernant l'autorité indépendante de recours, tout ce qui a rapport à la publicité et au sponsoring relèvera dorénavant de l'Office fédéral de la communication, et non pas de l'autorité indépendante de recours. A mon avis, après avoir suivi des discussions sur ce sujet au Conseil de l'Europe, je peux affirmer que c'est absolument contraire à ce qui a été décidé et promulgué au niveau européen. Dans une matière aussi délicate que la publicité et le sponsoring, je souhaiterais vivement que la compétence ne soit pas donnée à un organe de l'administration, mais à une autorité indépendante de recours.