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Langenberger Christiane · Ständerat · 2000-06-06

Langenberger Christiane · Ständerat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2000-06-06

Wortprotokoll

J'aimerais revenir sur certaines critiques qui viennent d'émaner de cet hémicycle. Finalement, vous tous, à part M. Jenny, dites que vous allez approuver cette garantie de déficit comme un fait accompli, ne pouvant plus revenir en arrière. Et pourtant, vous n'arrêtez pas de critiquer cette exposition, revenant en arrière sur un passé douloureux, certes, alors qu'à partir du moment où [PAGE 250] vous dites qu'on ne peut plus revenir en arrière, la seule chose à faire, c'est d'y croire et d'essayer maintenant de la soutenir. C'est une première chose. Si déjà on revient en arrière, j'aimerais quand même rappeler que la Commission de gestion était, depuis début 1999, tout à fait au courant de ce qui se passait, et que nous sommes intervenus à plusieurs reprises, auprès de la présidente notamment, pour dire: "Comment est-ce qu'on peut intervenir?" Mais il y avait une responsabilité à laquelle la Commission de gestion n'avait pas droit, c'est-à-dire qu'il y avait des représentants des gouvernements cantonaux qui étaient présents dans le Comité stratégique; il y avait un représentant du Conseil fédéral qui était également présent et qui accompagnait ce travail de l'exposition. Ensuite, l'affaire, grâce à vous, Monsieur le Conseiller fédéral, a éclaté, et on a pu enfin gérer et vider cet abcès. A partir de ce moment-là, il y a eu le rapport Hayek. Le Conseil fédéral, sur la base de ce rapport, a proposé et formulé un mandat extrêmement ambitieux pour la nouvelle direction de l'exposition. On a senti cette nouvelle direction à la fois bonne gestionnaire et essayant de redresser la situation financière, alors que nous étions alarmés de tous les côtés et que plus personne n'y croyait.

On a vu le responsable artistique, M. Heller, redonner tout d'un coup confiance en cette exposition. Maintenant, M. Couchepin, conseiller fédéral, l'a dit, la nouvelle direction ne dispose pas de fonds propres, et elle n'a même pas pu payer les salaires en fin d'année. Cette garantie de déficit sera peut-être utilisée, mais il est clair que si l'on continue à critiquer l'exposition, elle sera utilisée. Il faut maintenant porter cette exposition, puisque nous n'avons plus d'autre choix. Or, ce que nous voulons aussi, c'est redonner confiance aux cantons, c'est redonner confiance aux sponsors. Nous savons pertinemment - et je crois que la direction de l'Expo ne le cache pas - que dans le domaine du sponsoring, on n'a pas encore atteint les 380 millions de francs, montant fixé par le Conseil fédéral. Si nous, ici, dans ce Parlement, qui avons accompagné cette exposition, qui l'avons soutenue jusqu'à présent, avec des critiques certes, mais nous l'avons portée quand même, nous baissons les bras et disons: "Il n'y a plus rien d'autre à faire, on va bien accorder cette garantie de déficit, mais finalement le coeur n'y est plus", nous n'arriverons jamais au but, ni à motiver la population, ni à motiver les sponsors nécessaires.

Encore une fois, la Commission de gestion a dit que la clarté serait faite sur l'évolution, sur le passé mais, en milieu de course, il est inutile de prendre la décision d'aller grailler dans le passé, de salir des personnes, alors qu'il s'agit maintenant de construire cette exposition, de créer un certain enthousiasme, une certaine cohésion au sein de notre pays. En pleine construction, ce n'est pas le moment de revenir sur une passé douloureux. Encore une fois: la présidente de la Commission de gestion a reçu une lettre demandant que l'on fasse la clarté. Mais cette clarté, il faudra la faire lorsque les sensibilités, l'émotivité se seront calmées et cela sera beaucoup plus simple. Il y aura plus de possibilités d'obtenir de la transparence, une certaine ouverture, des informations claires lorsque tout se sera un peu tassé.

Je vous demande d'accorder cette garantie de déficit et de continuer à construire cette exposition. Ce sera le seul moyen d'obtenir des sponsors les montants dont nous avons encore besoin.