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Recordon Luc · Nationalrat · 2005-06-01

Recordon Luc · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2005-06-01

Wortprotokoll

Avec ma proposition de minorité au chiffre 2b, je vous propose de faire quand même une fois un choix politique réfléchi et d'orientation avec ce programme d'allègement budgétaire.

Nous avons eu, par trop déjà, l'occasion de dire - et nous aurons l'occasion de redire - que ce programme ne proposait pas de véritable orientation. Or, faut-il le dire aujourd'hui, il est des tâches essentielles dans lesquelles nous sommes amenés à proposer et à décider des coupes extrêmement sévères, alors même que nous savons tous, par-delà les discours convenus qui peuvent être tenus dans le domaine de la défense armée, que nous avons besoin d'un véritable changement de paradigme.

Qui, en effet, peut trouver, au-delà de nombreux milliers de kilomètres aujourd'hui, une véritable menace requérant une défense armée classique? Personne, bien évidemment! Si l'on était en 1933, ou en 1936 au réarmement de la Rhénanie par le IIIe Reich, je ne tiendrais pas ici ce discours. Il ne s'agit pas d'un pur discours antimilitariste. Il s'agit d'une réflexion simplement rationnelle sur les véritables besoins de la défense nationale. Il ne s'agit pas non plus de proposer de supprimer la défense armée classique.

Mais enfin, pour les trois ans qui sont concernés par ce programme d'allègement budgétaire, qui, sérieusement, peut prétendre que nous ayons besoin de mener encore les écoles de recrues et les cours de répétition? Qui peut soutenir que nous ne pouvons pas suspendre durant trois ans ces exercices extrêmement coûteux pour l'économie nationale, sans aucun effet de levier, ou presque, sur d'autres secteurs, et porteurs en tout cas d'aucun investissement utile pour le futur? Personne ne le peut, bien évidemment.

Il est donc raisonnable de se dire que les menaces, et chacun ici en est conscient, sont d'une autre nature que celles qui requièrent une armée classique. Ce sont certainement les menaces représentées pour la Suisse par le crime organisé et par le terrorisme, mais certainement pas celles d'une armée étrangère qui voudrait nous attaquer et qui encore devrait pour cela traverser les nombreuses lignes des pays qui nous entourent et qui, eux, estiment, dans le cadre de l'Europe, devoir conserver une défense nationale classique. Il n'y a donc aucun dommage à la suspension que je vous propose et qui techniquement consiste à enlever 770 millions de francs sur 820 millions de francs consacrés précisément au service de l'instruction, que ce soient les cours de répétition ou les écoles de recrues. Pendant trois ans, nous pouvons les suspendre. Nous conservons un reliquat de 50 millions de francs pour ne pas devoir complètement supprimer l'outil si, au bout des trois ans, au bout d'une nouvelle réflexion, d'une pause de réflexion - d'une "Denkpause" - nous estimons vouloir revenir au système antérieur. Quoique je sois convaincu que ce ne doit pas être le cas, je suis prêt à entrer dans une logique de réflexion temporaire de trois ans, mais durant cette période, nous pouvons économiser environ 40 pour cent de ce qui est exigé par le programme d'allègement budgétaire en suspendant ce service d'instruction dont tout un chacun sait à quel point il est de l'argent mal dépensé, représentant une fausse orientation, et cela au détriment des nombreuses autres coupes dans des sujets essentiels, coupes auxquelles nous semblons par ailleurs devoir nous résigner.

Je vous invite donc à adopter, en sus de la proposition de la minorité Frösch sur l'armement et des différentes propositions que l'on connaît et qui touchent l'armement, une proposition spécifique tendant à la suspension durant trois ans du service de l'instruction militaire.