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Savary Géraldine · Nationalrat · 2005-06-01

Savary Géraldine · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2005-06-01

Wortprotokoll

Si vous le permettez, je vais commencer rapidement par vous rafraîchir un peu la mémoire: fin octobre 2003, le Parlement vote un crédit de 17,3 milliards de francs sur quatre ans, pour le domaine de la formation, de la recherche et de la technologie (FRT). Il s'engage en outre pour une croissance de 6 pour cent des moyens destinés à ce domaine. La majorité de ce conseil décidait, dans sa grande sagesse, que la formation était prioritaire en Suisse, qu'elle apportait croissance et innovation. Le signal politique était clair, et pour une fois le Parlement avait réussi à faire autre chose qu'à étaler ses divisions.

Aujourd'hui, cependant, on se rend compte que les actes n'ont pas suivi les promesses. Quelques mois après le vote du message FRT, le Parlement sabrait déjà 685 millions de francs en acceptant le programme d'allègement budgétaire 2003. De 6 pour cent de croissance, on passe du coup à 4,8 pour cent. Aujourd'hui, le PAB 2004 promet à nouveau des économies dans la formation. Si ce programme est accepté en l'état - ce que je ne souhaite pas, bien évidemment -, 530 millions de francs seront ainsi supprimés.

Plus incompréhensible encore, le domaine FRT assumera 25 pour cent des économies prévues, alors qu'il ne représente que 7 pour cent du budget total de la Confédération. Il est dès lors tout à fait mensonger de parler de symétrie des sacrifices dans le cadre de cet exercice d'allègement budgétaire. En outre, dans le domaine qui nous intéresse sur ce point, le domaine des hautes écoles universitaires est particulièrement touché, puisque, sans les mesures compensatoires que, je vous le rappelle, nous avons refusées, la croissance des contributions publiques est nulle, voire négative. Et qu'ont fait les EPF pour mériter cette sanction financière? Elles se trouvent régulièrement à la tête des classements internationaux des meilleures universités du monde, ont formé en 2004, selon le rapport des EPF, 19 035 étudiantes et étudiants, alimentent en experts l'économie privée et le service public, attirent des professeurs de renom et se lancent avec ambition dans les technologies de pointe et les métiers d'avenir. On peut penser aujourd'hui que dans ce pays, il vaut mieux ne pas être considéré comme une tâche prioritaire.

Je rappelle que, lors de la consultation, la plupart des partis politiques - nos partis politiques - se sont prononcés contre cette coupe: le PS, le PDC, l'UDC, les Verts, le Parti évangélique, le Parti libéral, mais aussi la Société suisse des entrepreneurs, considèrent avec raison que la formation doit rester prioritaire en Suisse, qu'elle favorise la croissance, et que tous les secteurs de l'économie en profitent. Ils savent comme nous que les besoins en la matière ont augmenté, en raison du renchérissement, de l'augmentation du nombre d'étudiants, de la prise en charge de nouvelles tâches et de nouveaux projets par la Confédération. Le Parlement est responsable des attentes qu'il a suscitées auprès des jeunes, des étudiantes, des étudiants et des chercheurs.

Le groupe socialiste vous demande simplement de respecter nos promesses et de donner un avenir à l'avenir, en renonçant à ces coupes dans le domaine des hautes écoles universitaires, ou tout au moins à soutenir les propositions Noser et Genner.