Salvi Pierre · Nationalrat · 2005-10-05
Salvi Pierre · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2005-10-05
Wortprotokoll
La majorité des membres du groupe socialiste, vous l'avez entendu, soutiendra la proposition de la minorité de ne pas entrer en matière.
En effet, après les péripéties - pour ne pas parler des petites manoeuvres! - qui ont marqué le débat sur le programme d'armement 2004, le groupe socialiste n'accepte plus l'obstination du DDPS à refuser de prendre en compte les signaux de plus en plus forts qui demandent une remise en question transparente et de prendre en considération les évolutions qui doivent amener notre armée à poursuivre sa mue.
En effet, aujourd'hui, alors que le nombre d'astreints qui accomplissent effectivement leur service militaire ne cesse de diminuer, on continue dans les faits à refuser l'évidence. La conscription obligatoire, qu'on le veuille ou non, dans la forme voulue par le législateur, a vécu. Le Parti socialiste suisse demande depuis longtemps qu'une évaluation des effectifs fondée sur des besoins objectifs soit présentée, puis discutée. Cette évaluation doit supprimer les missions d'appui subsidiaires devenues permanentes qui relèvent de la sécurité intérieure, et donc les effectifs nécessités par les missions consistant à garder les ambassades. Ces tâches, tout comme les moyens qui les accompagnent - nous l'avons dit et redit - relèvent de la responsabilité des cantons.
Dans ces conditions, la cacophonie qui a entouré le programme d'armement 2004, rajoutée aux défauts de ce programme, amène le groupe socialiste à durcir sa position et à refuser une demande de crédit supérieur à 1 milliard de francs. Nous ne comprenons pas, alors que des mesures d'économies de toutes sortes sont à l'ordre du jour, que le Conseil fédéral nous demande un crédit doublé par rapport au précédent programme d'armement. Dans ces conditions encore, une longue discussion sur le nombre de nouveaux cockpits pour le PC-7 ou de véhicules sanitaires qu'il faut acquérir peut paraître incongrue au regard des enjeux qui entourent le devenir de notre armée. Mais le débat d'entrée en matière nous y contraint.
Pour conclure, je rajouterai également que la procédure suivie dans le cadre de l'évaluation des nouveaux hélicoptères n'a pas manqué de nous interpeller. Pour un grand nombre de membres de la commission, elle semble avoir été bâclée et cela donne l'impression que le résultat était orienté et que le prix est pour le moins surfait.
Le temps est donc venu pour le Conseil fédéral de se pencher sincèrement sur le devenir de notre armée, lequel devra tenir compte des évolutions des armées des pays voisins et des missions que nous entendons structurellement lui confier.
C'est pour ces raisons, notamment, que la majorité du groupe socialiste refuse, vous l'avez compris, d'entrer en matière et vous propose d'en faire de même.