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Amgwerd Madeleine · Ständerat · 2005-09-19

Amgwerd Madeleine · Ständerat · Jura · Christlichdemokratische Fraktion · 2005-09-19

Wortprotokoll

En tant que membre de la Commission de la politique de sécurité et Jurassienne, je me suis particulièrement intéressée au projet concernant la place d'armes de Bure - qui est un des gros crédits d'engagement énuméré dans le message sur l'immobilier militaire 2006. Une visite du site et les explications qui ont été données ont permis à la commission et à moi de nous rendre compte très précisément du projet.

Après la construction du village au lieu-dit Nalé, particulièrement aménagé pour exercer le combat de rue, ce projet en est le complément naturel. Il s'agira de nouvelles constructions destinées à l'utilisation de simulateurs dans le centre d'instruction pour le combat de la place d'armes de Bure.

Nous savons, et les officiers nous l'ont confirmé, l'utilité de ces instruments de formation au combat. Le message donne toutes les explications nécessaires sur ce projet et je ne les répéterai pas. Ce projet correspond aux besoins et au concept actuel du stationnement de l'armée et à sa planification dans le futur. Actuellement déjà, la place d'armes de Bure est régulièrement occupée et de manière importante et constante: plus de 180 000 nuitées annuellement. Avec ce projet, Bure deviendra le centre d'instruction et de compétence pour la Suisse occidentale en ce qui concerne l'instruction au simulateur de combat tandis qu'un autre centre est prévu aux Grisons.

Les investissements proposés sont, à mon avis, légitimes. Il s'agit d'assurer les meilleures conditions-cadres possibles pour des exercices de combat et plus particulièrement aussi en milieu urbain avec les systèmes SIMUG et SIM KIUG. Du point de vue financier, le montant de 32,7 millions de francs du projet retenu - il y a eu un concours d'architecture et 16 projets étaient en concurrence - est en deçà de la somme de 35 millions de francs prévue initialement. Je tiens à souligner que ce projet est simple et polyvalent, deux critères importants vu les finances de la Confédération et l'évolution constante de l'armée.

A la lecture du projet, ou plutôt lorsque j'ai vu les dessins dans le message, j'avais quelques doutes quant à l'intégration des constructions dans le paysage, une impression de lourdeur et de rigueur toute militaire. Par la visite des lieux, nous avons pu constater que les trois bâtiments proposés par les architectes s'intégreront mieux au paysage vallonné qu'un seul, tel qu'imaginé au départ. C'est d'ailleurs aussi pour cela que ce projet a été choisi. Le projet correspond aux critères du développement durable sur le plan de l'énergie, de la sécurité, de la protection des eaux et de la nature.

Actuellement, 35 civils travaillent à la place d'armes de Bure en plus des militaires de carrière. Ce projet permettra de créer 35 nouveaux postes. Le message indique que ces postes pourront être occupés dans le cadre des contingents existant au sein du DDPS. J'insiste pour dire combien il est important de conserver des places pour des civils dans l'armée, ceci d'autant plus que les personnes à engager s'occuperont de maintenance et de logistique puisqu'il est clair que les militaires et les officiers instructeurs viendront à Bure avec leurs troupes pour faire de l'instruction. Ce Centre d'instruction et de combat est un outil perfectionné très spécialisé mis au service de l'armée, dont les civils assurent la bienfacture et la mise à disposition optimale.

L'armée joue un rôle important du point de vue économique en Ajoie en ce qui concerne les emplois, le commerce, l'artisanat, mais aussi le respect de l'environnement. La présence régulière et importante de la troupe est appréciée. Dans ce sens, on peut dire, selon l'expression admise, que l'armée est "en terrain conquis". Cependant, face à ce projet, des questions ont été posées, à propos de l'installation des antennes 153 plus particulièrement. Les riverains, en particulier ceux des communes du Fahy et de Bure, craignent la pollution électromagnétique qui pourrait exister suite à l'installation des mâts qui assurent la communication lors des simulations de combat. Elles émettent aussi des doutes quant à leur intégration dans le paysage. Si, d'une manière générale, on m'a assurée que les personnes en charge des constructions tenaient toujours compte de l'avis des riverains et des autorités communales concernées et les informaient de manière exhaustive, j'ai l'impression que dans ce cas, tout n'a pas été fait dans ce sens. Des oppositions ont été déposées pour cette raison. Je demanderai donc aux responsables du projet d'être très attentifs à cet aspect des choses et d'améliorer l'information, notamment à l'égard des autorités communales. L'armée doit être soucieuse de ne pas se considérer une fois pour toutes en terrain conquis. Une information préalable et concrète aurait vraisemblablement pu éviter les oppositions et je vous remercie de tenir compte de ces remarques.

Dernier point sur lequel j'aimerais insister en tant qu'élue du canton du Jura: l'impact économique d'une telle construction. Le canton du Jura et l'Ajoie sont une région périphérique. L'armée choisit de rester dans le Jura, d'y investir et de faire de Bure un centre d'instruction et de compétence, et je vous en remercie. C'est extrêmement important pour notre [PAGE 672] canton. Lors des constructions précédentes, le village au lieu-dit Nalé par exemple, de nombreux mandats ont été confiés à des entreprises jurassiennes; on parle d'environ 60 pour cent. Avec un montant de 32,7 millions de francs, il est facile de se représenter ce que cela peut signifier pour l'économie de la région, ses entreprises et ses emplois.

C'est pour toutes ces raisons que j'entre en matière et que je vous demande d'en faire de même.