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Menétrey-Savary Anne-Catherine · Nationalrat · 2005-12-13

Menétrey-Savary Anne-Catherine · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2005-12-13

Wortprotokoll

La modification de la loi fédérale sur la protection de la nature et du paysage en vue de la création de parcs naturels est un projet que les Verts soutiennent volontiers. Son aboutissement doit sans doute beaucoup à ce que l'Office fédéral de l'environnement, des forêts et du paysage (OFEFP) présente comme son nouveau concept de protection de la nature, à savoir, selon ses propres termes: "Eine dynamische Naturschutzpolitik nahe der Wirtschaft." Selon cet office, il ne s'agit plus de dresser des inventaires des lieux à protéger, mais de favoriser le développement de ceux-ci.

Désormais, les parcs naturels ne sont donc plus des rêveries d'écologistes romantiques, on parle chiffres. C'est vrai, sur ce plan-là, Monsieur Brunner, je dois vous donner raison: c'est vrai qu'on parle de chiffres; on en a même beaucoup parlé! Ceux qui ont été avancés concernant les bénéfices potentiels ont effectivement de quoi faire rêver certaines municipalités: déjà rien que le Parc national représente 3 millions de francs d'investissements et 17 millions de francs de rentrées. Mieux encore, selon l'unité de recherche de la Haute école technique de Rapperswil, les parcs naturels pourraient représenter un retour sur investissement compris entre 55 et 250 millions de francs par année. Ces chiffres eux-mêmes ne sont pas ce qui éblouit le plus les Verts, mais ils nous réjouissent dans la mesure où ils représentent une chance de survie pour des régions menacées de dépeuplement.

Toujours est-il qu'entre ceux qui envisagent un nouvel eldorado et ceux qui crient qu'on risque de mettre le pays sous cloche, les écologistes se demandent si la protection de la nature y trouvera son compte. Ce qu'on peut craindre, en effet, c'est que certains projets de parc ne constituent qu'une opération de marketing pour des régions en mal de développement touristique.

L'OFEFP estime que l'on ne disposera guère plus que de deux parcs nationaux supplémentaires, d'une dizaine de parcs régionaux et de trois parcs périurbains. Pourtant, dans le débat revient régulièrement l'idée qu'il va y avoir une avalanche de projets, ce qui pourrait avoir pour conséquence non seulement un financement difficile, mais peut-être aussi une perte de qualité.

Il n'est donc pas question de transformer la moitié du pays en parcs naturels, sous prétexte que c'est bon pour la publicité et que ces parcs sont de toute manière compatibles avec le développement économique. Le groupe des Verts tient beaucoup à ce que les normes et les standards concernant l'attribution du label "parc naturel" - et non pas "parc économique" - soient mieux précisés et qu'ils restent d'un niveau élevé.

On l'a vu, on l'a entendu, ce projet a des adversaires, qui avancent parfois en tenue de camouflage. Comme vient encore de le faire Monsieur Kunz, les adversaires ont souvent invoqué le droit des propriétaires fonciers dont les terrains sont englobés dans ces parcs. Or la loi, Monsieur Kunz, ne remet nullement en question les droits des propriétaires. Mais on a peut-être quelques raisons de penser que ces derniers sont instrumentalisés par les défenseurs d'autres intérêts, par exemple ceux des chasseurs ou des promoteurs immobiliers. Or, curieusement, ces derniers sont les bienvenus dans certaines régions de montagne, alors que la présence de tout ce qui pourrait ressembler à une [PAGE 1846] association à but écologique constitue aux yeux de certains une intrusion insupportable et une manière de porter atteinte au sacro-saint principe démocratique ou, comme on dit maintenant, au processus "bottom-up".

Refuser d'entrer en matière sur cet objet, ou le renvoyer au Conseil fédéral pour l'intégrer dans la nouvelle politique régionale, c'est à nos yeux une ultime tentative, qui cache mal un désir de ne voir dans les parcs que leur dimension économique et leur côté "pompes à subventions": régional, oui; naturel, non!

Le groupe des Verts vous recommande de rejeter ces propositions de minorité et d'accepter ce projet.

Un dernier mot encore, pour ceux qui hésiteraient: je voudrais signaler que lorsque l'initiative "Sauver Lavaux" a été soumise au vote du peuple en 1977, elle n'a été acceptée qu'avec 56 pour cent de oui. Mais le 27 novembre 2005, le peuple vaudois a revoté et cette fois il a plébiscité l'initiative, avec plus de 80 pour cent des voix. C'est dire qu'en trente ans, les citoyens ont eu le temps d'apaiser leurs craintes et d'apprécier les bienfaits de cette protection!