Christen Yves · Nationalrat · 2005-12-14
Christen Yves · Nationalrat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2005-12-14
Wortprotokoll
Au fond, ces propositions de minorité émanent des mêmes auteurs, qui appartiennent au milieu agricole et qui sont à la fois membres de l'UDC, que celles de non-entrée en matière et de renvoi. On pourrait leur opposer les mêmes arguments qui ont été dits ici dans le cadre du débat d'entrée en matière. Mais permettez-moi - en particulier vous, Messieurs de l'UDC - de m'étonner de votre opposition. En effet, nous essayons de venir en aide, de tendre des perches aux régions et aux agriculteurs de montagne; et on se heurte ici à une position, à une attitude dogmatique qui nous interpelle. Une partie des membres de ce conseil, dont je suis, essaie de créer des liens de solidarité avec un certain nombre de paysans, de gens de vos milieux qui sont menacés par la mondialisation. Nous savons que la moitié des exploitations agricoles de ce pays vont disparaître. Nous savons que les discussions dans le cadre de l'OMC sont difficiles, que vous devrez avoir des appuis dans ce conseil. Et on trouve, en face de cette volonté de dialogue que nous avons, une attitude dogmatique.
L'agriculture de ce pays ne doit pas disparaître; elle doit s'adapter; elle doit se réorienter. Elle doit trouver des revenus annexes et des revenus complémentaires, notamment dans le tourisme doux, dans le tourisme qui respecte la nature. Et c'est bien pour cela que nous créons toutes ces catégories de parcs: cela ouvre des perspectives et des possibilités pour les régions de montagne et les agriculteurs qui y vivent, bien entendu. Et voilà que les paysans de ce conseil, en particulier les nantis, refusent toute solidarité avec ces régions. L'alinéa 3 de cet article ajouté par la commission implique, bien sûr, toute la population d'une région, ses autorités, ses exploitants agricoles dans le processus de décision relatif aux projets; et il s'agit d'une acte de solidarité.
Je ne suis pas sûr que votre attitude ne desserve pas votre cause quand il s'agira de traiter ici de la nouvelle politique agricole 2011 dès l'an prochain. Vous craignez que des avalanches de dispositions tracassières "tombent" sur vos exploitations. Mais aujourd'hui déjà, la plupart d'entre vous, Messieurs, touchez des paiements directs liés à des prestations écologiques. Cela existe déjà! Alors, il s'agira de vous adapter, bien entendu en accord avec les régions et avec les communes. Tout le monde sait bien que vous n'y serez pas complètement forcés parce qu'il existe quand même encore un droit de la propriété, et qu'on ne va pas vous exproprier pour cela. Alors, je trouve que vous devez faire un effort pour comprendre cette nécessité de travailler ensemble sur un projet qui, finalement, au bout du compte, vous sera favorable.
Je vous invite donc à rejeter toutes les propositions de minorité.