Ory Gisèle · Ständerat · 2006-03-22
Ory Gisèle · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2006-03-22
Wortprotokoll
La violence domestique a toujours existé. Mais ce que nous voulons aujourd'hui, c'est la combattre, et la combattre par tous les moyens qui sont utiles et efficaces.
Le canton de Neuchâtel a pris de telles mesures il y a un peu plus d'un an: la loi sur la lutte contre la violence dans les relations de couple est entrée en vigueur en 2004. Lors du bilan de fin de première année d'application de la nouvelle loi, les autorités cantonales ont déjà remarqué une amélioration de la situation des femmes, comme si les auteurs de violence avaient pris conscience de l'illégalité de leur attitude. Il faut dire que la mise en vigueur de la loi s'est accompagnée d'une campagne de sensibilisation et de la diffusion d'une brochure explicative. La loi neuchâteloise prévoit également des structures d'aide aux victimes et aux auteurs de violence. Les interventions de la police, dont la fréquence dépassait une par jour avant la loi, sont tombées en dessous d'une par jour après l'entrée en vigueur de la loi. Et, comme l'a dit mon collègue Bonhôte, le nombre de récidives a extraordinairement chuté: il n'y en avait plus que douze l'année passée.
Pour éviter les cas de récidive, les mesures de prévention sont particulièrement importantes. Dans la plupart des cas, les auteurs de violence ont besoin de soutien pour pouvoir changer de comportement. Ce soutien consiste en écoute, en groupes de discussion, voire quelquefois en thérapies familiales. Des essais très concluants ont déjà été réalisés. La prévention des récidives est certainement le meilleur moyen d'éviter la violence et d'éviter les souffrances des femmes, des enfants et, quelquefois aussi, des hommes qui y sont confrontés.
La violence est souvent un dérapage qui va en s'accentuant peu à peu, une année après l'autre. Il est donc très important de pouvoir casser cette évolution à temps. Il ne s'agit pas d'un élément de petite importance: la violence domestique est une des premières causes de mortalité des femmes jeunes. La quasi-totalité des meurtres commis dans le canton de Neuchâtel ces dernières années étaient des meurtres commis par des hommes sur leur femme ou sur leur partenaire. Les centres de prévention, d'information et de consultation sont indispensables à l'amélioration de cette situation. Ils sont suffisamment importants pour que la Confédération les demande aux cantons.
Je vous prie donc d'accepter cette disposition et de suivre la minorité.