Darbellay Christophe · Nationalrat · 2006-06-08
Darbellay Christophe · Nationalrat · Wallis · Christlichdemokratische Fraktion · 2006-06-08
Wortprotokoll
Le compte d'Etat 2005 se solde par un déficit de 121 millions de francs au lieu de 1,8 milliard comme le prévoyait le budget 2005. Ce résultat réjouissant est dû aux 533 millions de francs de recettes supplémentaires par rapport au budget 2005 et au 1,1 milliard de dépenses en moins, toujours par rapport au budget 2005.
Ainsi, les scénarios apocalyptiques envisagés par la gauche au moment du débat sur le budget ne se sont pas produits. "Alors, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes!" diront les Candide; "Alléluia!" pourraient dire les démocrates-chrétiens. Nous sommes certes dans la bonne voie; les choses vont mieux; nous avons une marge relativement confortable par rapport aux objectifs du frein à l'endettement; nous sommes dans le plan qu'ont fixé le Conseil fédéral et le Parlement pour l'assainissement et la diminution du déficit structurel; mais nous ne pourrions nous en satisfaire. Nous ne pouvons pas relâcher nos efforts puisque le dérapage des finances publiques amorcé au début des années 1990 laissera des traces durables.
Si l'on peut raisonnablement espérer que les budgets 2007 ou 2008 seront équilibrés, la planification des finances à plus long terme recèle de nombreux risques. Par exemple, il y a avis de tempête sur l'augmentation non maîtrisée des dépenses des assurances sociales dans les domaines de l'assurance-invalidité, de l'assurance-vieillesse et survivants, de l'assurance-maladie. Ces augmentations des dépenses ont un caractère quasi automatique tant que nous n'avons pas engagé des réformes approfondies. L'assainissement des caisses de pension est aussi un risque important. Si nous pouvions baser nos réflexions futures sur une croissance économique solide de 2 pour cent, beaucoup de problèmes seraient résolus. Mais c'est un peu trop simple d'agir de cette manière au sortir de dix années de vaches maigres.
Il y a un avis de tempête sur les grands projets ferroviaires puisqu'on a affaire là à un puits sans fond, avec de nombreux risques et de nombreuses incertitudes. Il y a la nécessité d'agir en faveur des familles et aussi des entreprises pour que la place économique suisse demeure attractive. Ceci aura une influence sur les recettes. Il y a la nécessité aussi de financer ce que l'on considère aujourd'hui comme une priorité, à savoir le secteur de la formation et de la recherche, puisque c'est la seule ressource de ce pays.
Et puis il y a une dette accumulée en une quinzaine d'années qui atteint aujourd'hui 140 milliards de francs, soit 10 millions de francs d'intérêts payés chaque jour, ou à peu près 4 milliards par année. Imaginez des taux d'intérêts - qui sont bas aujourd'hui - plus élevés comme les taux du début des années 1990 et la catastrophe est quasiment programmée.
Les discussions sur le budget 2006 ont montré les difficultés que nous avons à économiser à court terme. Ainsi, le Conseil fédéral et le Parlement doivent désormais concentrer leurs efforts sur le moyen et sur le long terme. L'équilibre financier à plus long terme n'est envisageable que si nous sommes capables, Parlement et Conseil fédéral, d'engager des réformes dans tous les domaines, dans toutes les tâches de l'Etat, d'aborder ces réflexions sans tabous et de fixer les vraies priorités. En effet, le peuple s'est prononcé à de nombreuses reprises dans les cantons et il ne veut pas payer plus d'impôts.
Par conséquent, nous avons des moyens à disposition et nous devons faire au mieux avec eux - ni plus, ni moins - pour répondre aux souhaits des citoyens qui attendent de notre part des priorités claires. Pour cela, il ne suffit pas de décider d'un nouveau corset comme celui qui reviendrait à calquer l'augmentation de nos dépenses sur la croissance économique. Cela ne suffit pas, car ce serait considérer les finances comme une fin et non pas comme un moyen. Mais il faudra envisager des réformes, aborder aussi les vraies questions, notamment celles qui fâchent.