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Roth-Bernasconi Maria · Nationalrat · 2006-06-20

Roth-Bernasconi Maria · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2006-06-20

Wortprotokoll

Les différentes auditions des conseillers fédéraux devant la Commission de gestion nous ont démontré une fois de plus que le nerf de la guerre, c'est l'argent. En effet, dans plusieurs domaines, comme par exemple les contrôles fiscaux, le travail ne peut pas être fait correctement parce que les ressources financières manquent. Le malheur de la politique de la majorité bourgeoise est qu'elle demande d'abord combien d'argent on doit dépenser pour quel domaine, au lieu de faire l'inverse en demandant quels buts on veut atteindre et rechercher ensuite les moyens pour le faire. Ainsi, on ne peut pas augmenter les crédits pour la formation, par exemple, comme on le voudrait, parce que l'hystérie des économies s'applique à tous les domaines, même à ceux qui, en fin de compte, permettront d'obtenir un rendement plus élevé que l'investissement consenti.

De même, la réforme de l'administration, qui était l'un des thèmes transversaux discutés par la commission, ne doit pas se faire sous l'angle des économies uniquement. Cette réforme n'est pas un programme d'allègement bis et ne doit pas le devenir. Une bonne réforme a besoin du soutien du personnel concerné, et vous ne l'aurez pas si vous associez la réforme de l'Etat à des mesures d'économies. Si beaucoup de personnes sont prêtes à collaborer à une réforme pour atteindre plus d'efficacité et rationaliser les procédures, elles demandent également que l'on apprécie leur travail et qu'on les estime à leur juste valeur. On ne peut donc pas, comme le fait notamment un des conseillers fédéraux, parler d'un "atelier protégé" lorsqu'on parle du personnel de la Confédération, et en même temps attendre des personnes concernées qu'elles participent avec joie et bonheur au processus de réforme que vous initierez.

Je dirai encore un mot sur la sécurité intérieure, un des thèmes abordés par le Conseil fédéral. On n'a parlé que de l'Euro 2008 - c'est d'actualité, c'est vrai - et de la loi sur le hooliganisme, alors que la sécurité intérieure concerne beaucoup d'autres domaines. Je suis donc restée sur ma faim. En effet, qu'en est-il de la violence quotidienne, de la violence domestique, de la violence sociale vécue par les personnes sans emploi, par exemple? Pas un mot! Nous avons posé des questions au sujet de la violence domestique au conseiller fédéral s'occupant de la sécurité intérieure et à celui qui est responsable du Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes. Le premier nous a dit, dans une réponse très brève: "Cette thématique est de la compétence des cantons." Et c'est tout! Pas un mot sur le fait qu'en Suisse, une femme sur cinq est victime de violence domestique et que la maison est le lieu où elle risque le plus sa vie. Le drame de Corinne Rey-Bellet a rendu visible cette problématique, mais qui a analysé ce fait divers grave d'un point de vue sociologique? Ce n'est pas parce que le mari de cette skieuse était psychologiquement atteint que l'on peut comprendre ou excuser son acte. La violence contre les femmes est en effet l'expression la plus brutale de l'inégalité entre les sexes telle qu'elle existe encore aujourd'hui. C'est la raison pour laquelle nous aurions aimé recevoir des réponses un peu plus pertinentes et un peu plus fondées.

En effet, dans le rapport de gestion, on nous dit que l'objectif par rapport à ce thème a été atteint puisqu'un séminaire a eu lieu et qu'il a rencontré un vif intérêt de la part des spécialistes. Une fois de plus, c'était tout. Or lors de l'audition du conseiller fédéral responsable de ce dossier, nous avons demandé quelles étaient les conclusions de ce séminaire, son contenu, qui était l'acteur principal et quelles conclusions ont été tirées. Nous voulions également savoir si on avait étudié les profils des auteurs de violence et quelles mesures préventives la Confédération pensait mettre en oeuvre pour lutter contre ce fléau qui concerne encore aujourd'hui beaucoup de femmes et quelques hommes. Nous n'avons pas reçu de réponses à ces questions.

Le rapport que nous avons reçu ensuite concernait l'inégalité salariale, qui est aussi un thème important, mais, par rapport à la violence domestique, rien. Est-ce que c'est parce que ce thème n'est pas porteur, parce qu'on nous dit que l'égalité n'est plus un thème attrayan? ou est-ce parce que ces violences se passent souvent dans l'ombre, de manière cachée et dérangent moins que le bris de quelques vitres lors d'un match de football?

Dans tous les cas, nous attendons avec impatience le rapport promis suite au postulat Stump 05.3694 sur les causes de la violence dans l'environnement proche.

Mes collègues vont parler des autres thèmes importants aux yeux du groupe socialiste.

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