Couchepin Pascal · Bundesrat · 2006-06-15
Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2006-06-15
Wortprotokoll
Je suis extrêmement heureux de constater que nous contribuons au bonheur partiel du conseiller aux Etats Stadler et j'espère qu'avec le temps, il finira dans l'extase face au talent du Conseil fédéral. Mais mes sentiments démocratiques me disent que ce n'est pas bien si quelqu'un a trop de respect pour l'autorité; il faut un respect de fond, mais quand même maintenir un certain esprit critique. C'est cela la véritable démocratie et j'espère que Monsieur Stadler ne sera pas satisfait, à l'avenir, au point qu'il en abandonne tout esprit critique.
Pour l'instant il faut en rester aux faits, et le fait est que l'on est en effet dans une période d'évaluation. Il y a quelques jours, j'ai informé le Conseil fédéral des premiers résultats de l'évaluation de l'état d'avancement des négociations avec des fournisseurs suisses et étrangers.
Il faut aussi voir ce qui se passe à l'extérieur. Si vous regardez aux Etats-Unis, le gouvernement américain a décidé d'investir 1 milliard de dollars pour provoquer la création par cinq entreprises - 200 millions de dollars par entreprise - de capacités de production de vaccins pour ce pays. Le gouvernement de Singapour a fait la même chose avec un montant différent, mais il a aussi mis à disposition d'entreprises des montants de l'ordre de 100 à 200 millions de dollars pour créer des capacités de production à l'intérieur du pays. Et comme vous l'avez dit, à part le fait que l'on crée ou pas cette capacité à l'intérieur du pays, il faut encore savoir si on fait le bon choix du point de vue des techniques qui sont en train d'évoluer. Les Etats-Unis, en investissant cinq fois 200 millions de dollars, répartissent probablement les risques et sont en mesure de faire face à toutes les possibilités de choix. On n'imagine pas qu'en Suisse on doive faire le choix d'une technique; si cela échoue, on est responsable à la fois du choix technique et des montants investis. C'est un problème qui n'est pas simple pour un petit pays dont la capacité financière, quoi qu'il en soit, et la capacité industrielle sont limitées par rapport à un grand pays. Mais vous avez raison, si on veut pouvoir assurer la fourniture de vaccins au moment décisif à l'ensemble de la population, il faut soit avoir la certitude que l'entreprise étrangère livre, soit avoir des moyens de production en Suisse.
Le Conseil fédéral est aussi en train de réfléchir à des solutions intermédiaires. Vous savez qu'aujourd'hui, il y a un vaccin possible contre la grippe aviaire, sans modification du virus, pour les gens qui seraient victimes du virus à la suite de contacts répétés avec des animaux contaminés. Certaines entreprises proposent dans un premier temps, s'il devait y avoir une pandémie, d'utiliser ce vaccin plus un adjuvant qui doperait l'effet du vaccin. C'est un choix technologique, scientifique, si on le fait, qui permettrait éventuellement d'augmenter la capacité du vaccin actuel mais qui n'irait pas aussi loin qu'un vaccin qui serait fait directement en fonction du virus qui apparaîtra demain et dont on ne connaît pas la nature.
Il y a toute une série de choix qui doivent être faits, qui appellent beaucoup de prudence mais, à la fin, une prise de risques. On n'échappera pas à une certaine prise de risques du point de vue politique et j'espère que vous partagerez avec nous cette responsabilité.
Depuis le 1er avril 2004, des médicaments antiviraux ont été soumis au stockage obligatoire par voie d'ordonnance. Les entreprises commerciales qui vendent ces médicaments sont tenues d'en constituer une réserve dans les quantités fixées par le Département fédéral de l'économie sur le territoire douanier suisse. On devrait ainsi avoir une capacité de réponse au scénario classique imaginé par l'OMS, c'est-à-dire l'infection de 25 pour cent de la population. Pour le surplus, l'organisation en cas de menace de pandémie est réglée par une ordonnance. Le Conseil fédéral met en place, sur proposition du DFI, une cellule spéciale chargée de le conseiller et de soutenir la Confédération et les cantons dans la coordination des mesures d'exécution. Cette cellule est dirigée par le département. Mais les choses avancent et j'espère que la prochaine fois que l'on rouvrira le dialogue sur ce point, vous aurez encore plus de raisons d'être satisfait de l'excellent gouvernement de ce pays.