Amgwerd Madeleine · Ständerat · 2006-09-20
Amgwerd Madeleine · Ständerat · Jura · Christlichdemokratische Fraktion · 2006-09-20
Wortprotokoll
Avec la motion Langenberger, nous ne parlons pas encore de chiffres et de montants - nous en parlerons concrètement avec le message FRI 2008-2011 -, mais cela ne veut pas dire que nous ne les prenons pas au sérieux, bien au contraire. Nous parlons maintenant des principes. Que voulons-nous? 4,5 pour cent, comme nous le propose le Conseil fédéral, frileux, arc-bouté sur les finances, malgré des résultats financiers qui s'avèrent meilleurs que prévu? Merci à la croissance! 10 pour cent? C'est la proposition irréaliste du groupe socialiste. Elle a le mérite d'être généreuse, et c'est pourquoi elle plaît certainement et plus particulièrement à ceux qui recevraient la manne supplémentaire.
La motion Langenberger propose 6 pour cent: c'est raisonnable, réalisable, responsable et sérieux. 6 pour cent, cela demande un effort, une recherche de financement. C'est une augmentation raisonnable, même si certains pensent que, même avec 6 pour cent, il faudra quand même [PAGE 687] restreindre les prestations et les projets, comme cela est mentionné au point 5 du développement de la motion. J'y reviendrai.
Je suis favorable à une augmentation de 6 pour cent, et je vous demande de soutenir la motion.
Je ne répéterai pas ce qui vient d'être dit. J'ajouterai deux choses à ce qui figure dans le développement.
1. Les cantons s'engagent dans la formation, la formation professionnelle et les HES. Les cantons universitaires s'engagent aussi en faveur de leurs universités. A leur égard, la Confédération a pris des engagements formels dont certains sont inscrits dans la loi, notamment et particulièrement en ce qui concerne l'accroissement de la participation financière de la Confédération. Je fais allusion ici au financement de la formation professionnelle à raison de 25 pour cent, alors qu'il se monte aujourd'hui à 16 ou 17 pour cent.
La Confédération demande même de modifier les lois qu'elle vient de mettre en vigueur - la loi sur la formation professionnelle et la loi sur les HES - pour justifier par une base légale son désengagement. C'est inadmissible. Mon canton, avec la CDIP, ne peut accepter cette manière bien cavalière de procéder. C'est un désaveu vis-à-vis de la décision du peuple du 21 mai dernier de modifier la Constitution pour donner plus de compétences à la Confédération.
2. L'importance de la formation professionnelle et de la formation dans les hautes écoles est encore et toujours à souligner. Environ deux tiers des jeunes suivent la voie professionnelle. C'est important. Notre système dual est envié en Europe et a fait ses preuves. Il faut continuer à le soutenir.
La formation professionnelle a évolué; elle s'est restructurée; elle a fait, comme on dit, ses "Hausaufgaben". Les HES ont regroupé les petites écoles - les écoles d'ingénieurs et autres -, ont créé des centres de compétences. De plus, les formations des domaines de la santé, du social et des arts ont été intégrées.
De mon point de vue, on ne peut pas en dire autant des universités. Chacun défend son pré carré, ses facultés - les petites et les grandes: les petites ne manifestent pas assez de volonté pour être réunies ou se réunir en un même lieu, les grandes se battent pour le prestige en jouant de leur pouvoir - je pense ici plus particulièrement à la médecine de pointe.
Entre les universités et les écoles polytechniques, il y a aussi une lutte de pouvoir, d'argent, de professeurs, et il y a des doublons. Ce que faisait avant l'université, les EPF le font aussi maintenant, parfois, il est vrai, sous un angle un peu différent. Là aussi, il y a des négociations à entreprendre, des décisions à prendre. De mon point de vue, les universités et les hautes écoles n'ont pas encore fait ce travail de mise en commun, d'effort de synergie qu'ont déjà fait les HES.
Ce travail de fond doit être mené en priorité et il dégagera des économies qui ensuite pourront être judicieusement utilisées pour la formation, plutôt que pour entretenir des guerres de prestige. Les 6 pour cent d'augmentation que demande la motion seraient alors utilisés pleinement pour la formation.
Il y aurait alors de nouvelles sources importantes de financement à disposition, suite à ce travail d'organisation bien mené. Mais il faut le vouloir, démanteler les chapelles, avoir un regard neuf sur les relations entre les hautes écoles entre elles, dans l'intérêt des étudiantes et des étudiants, et non pas conserver des privilèges de faculté ou de professorat à maintenir coûte que coûte.
Je demande donc, en acceptant cette motion, qu'on invite aussi les hautes écoles à continuer de faire ce travail de recherche de priorités et de synergies. Certaines choses ont déjà été faites, d'autres restent à réaliser. Je demande aussi que l'on ne privilégie pas la formation générale, c'est-à-dire les universités et les EPF, au détriment de la formation professionnelle et des HES, filières où, je le rappelle, deux tiers des jeunes se forment aujourd'hui.
C'est donc avec conviction que je soutiens la motion, mais je voulais aussi insister pour que ce pourcentage ne soit pas un chèque en blanc. Il comporte un certain nombre d'exigences; j'en ai cité quelques-unes, il y en a certainement d'autres.
Je vous recommande d'adopter la motion.