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Dupraz John · Nationalrat · 2000-10-03

Dupraz John · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2000-10-03

Wortprotokoll

L'engagement en faveur des droits de l'homme de notre pays est une constante de la politique du Conseil fédéral. Du reste, il souscrit pleinement au consensus exprimé lors de la Conférence mondiale sur les droits de l'homme en 1993. Pour le Conseil fédéral, concrétiser l'universalité des droits de l'homme constitue à la fois un objectif à atteindre et un défi à relever. D'une façon générale, le gouvernement entend s'engager plus résolument dans ses relations internationales en faveur du respect et de la promotion des droits de l'homme, ainsi que pour la démocratie et le respect des principes de l'Etat de droit, qui sont les piliers indispensables pour la défense des droits de l'homme.

A cet effet, la Suisse dispose de multiples instruments visant à lutter contre les atteintes aux droits de l'homme. Sans aller dans le détail et le développement, je me borne à les citer: ils sont à la fois diplomatiques, juridiques, économiques et de coopération.

Il s'agit donc d'un comportement quotidien et permanent qui doit faire l'objet d'une attention soutenue du Conseil fédéral. Dans ses relations extérieures, la Suisse rappelle toutes les fois que c'est nécessaire son attachement au respect des droits de l'homme. Or, malheureusement, force est de constater que tous les pays avec lesquels nous avons des relations politiques, économiques ou sociales ne sont pas irréprochables. Il s'agit donc de faire preuve de doigté, mais aussi de fermeté dans les relations internationales.

Rompre tout rapport avec certains pays - Madame Ménétrey-Savary, là je fais référence à ce que vous avez dit - signifierait une régression pour la défense des droits de l'homme. Une interruption partielle ou totale de la coopération n'intervient que si la Suisse constate notamment des violations graves des droits de l'homme. En effet, parce que l'Amérique connaît encore la peine de mort, est-ce qu'on devrait rompre nos relations économiques et diplomatiques avec les Etats-Unis? Est-ce que nous devrions, avec la Chine, ne plus avoir de relations parce qu'elle ne respecte pas pleinement les droits de l'homme? Est-ce qu'on devrait ne plus avoir de relations avec l'Inde, le Pakistan, la Russie et la Chine qui ne veulent pas signer la Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel? On pourrait en rajouter indéfiniment. Je crois qu'en maintenant nos relations, nous pouvons ainsi faire progresser la défense des droits de l'homme.

Or, les droits de l'homme ont progressivement pris une importance considérable dans presque toutes les enceintes internationales, y compris les agences spécialisées de l'ONU. C'est pourquoi la Suisse est active à l'OSCE, au Conseil de l'Europe, à l'OIT, à l'Unesco et à l'Assemblée parlementaire de la francophonie notamment dans ce domaine.

De plus dans ce débat, il faut signaler l'importance des droits de l'homme dans les débats multilatéraux qui ont contribué à renforcer la Genève internationale qui, en plus de l'humanitaire, est devenue la capitale de tous les droits de l'homme, qu'ils soient civils, culturels, économiques, politiques ou sociaux. Rappelons ici l'action du Comité international de la Croix-Rouge et du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés qui viennent en aide aux victimes de conflits et de catastrophes naturelles. Là aussi, le droit à l'assistance et au secours pour les personnes en détresse fait partie pleinement et à part entière, à mon avis, de la défense des droits de l'homme.

Par leurs actions et leurs aides aux plus démunis de l'humanité, ces organisations apportent un secours réconfortant qui rappelle de façon significative que tout homme sur cette terre, quels que soient son origine, la couleur de sa peau, sa philosophie religieuse, ses opinions politiques, son rang dans la société, a droit au respect et à la dignité; et le Conseil fédéral s'engage dans ce sens. Les Suisses doivent être fiers d'accueillir ces organisations sur leur territoire à Genève, mais modestes face à l'ampleur de leur mission. C'est encore là la preuve combien la Suisse, minuscule par sa taille, joue un rôle déterminant pour la promotion des droits de l'homme sur cette planète.

C'est pourquoi le groupe radical-démocratique soutient pleinement l'action du Conseil fédéral. Afin de parachever l'engagement de notre pays dans cette tâche, je souhaite vivement qu'il adhère à l'Organisation des Nations Unies.