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Maury Pasquier Liliane · Nationalrat · 2006-12-05

Maury Pasquier Liliane · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2006-12-05

Wortprotokoll

A quelques jours de la Journée mondiale du sida, j'aimerais évoquer avec vous quelques chiffres - nous sommes d'ailleurs dans un débat sur le budget, il est normal de parler de chiffres.

Si l'on ne considère que la pandémie du sida, les chiffres sont justement effrayants puisque cette pandémie touche à elle seule plus de 40 millions de personnes infectées dans le monde, qu'elle en tue presque 4 millions par an, sachant que 95 pour cent des personnes infectées vivent dans les pays en développement, 70 pour cent en Afrique subsaharienne, alors que pourtant cette région n'abrite que 11 pour cent de la population mondiale.

Encore plus grave: alors que 8500 personnes décèdent du sida chaque jour, ce sont dans le même temps 13 500 nouvelles infections qui sont à signaler, la moitié d'entre elles touchant des jeunes. Cette situation catastrophique a coûté aux pays les plus durement touchés un recul important de l'espérance de vie, une régression des indices du développement et dans certaines situations la disparition des forces vives de ces pays. De par le monde, 13 millions d'enfants de moins de 15 ans sont des orphelins du sida et on s'attend à ce qu'ils soient le double en 2010.

Je me permettrai encore d'ajouter un chiffre à ces chiffres terrifiants; il concerne plus généralement les trois maladies concernées par la motion Amgwerd, à savoir le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme. Ces trois épidémies causent à l'heure actuelle dans le monde plus de 6 millions de décès chaque année, soit presque l'équivalent de la population de notre pays, alors que ces maladies sont traitables ou en tout cas permettent de continuer de vivre dans de bonnes conditions si elles sont traitées.

Ces chiffres-là ont déjà convaincu le Parlement puisque aussi bien le Conseil national que le Conseil des Etats ont adopté la motion Amgwerd.

Et, justement, ces chiffres qui ont convaincu le Parlement auraient dû non seulement convaincre le gouvernement, mais surtout l'obliger à mettre en oeuvre cette motion qui a été adoptée. A nos yeux de parlementaires, le principe est en effet important, puisque le Parlement a donné un mandat impératif au gouvernement en adoptant la motion, et que le gouvernement se devait donc de la mettre en oeuvre. Comme l'exécutif ne s'est pas exécuté, nous devons aujourd'hui corriger ce budget afin de tenir nos promesses et de garder la crédibilité nécessaire à l'accomplissement de nos tâches.

Pour cette raison, le groupe socialiste vous invite vivement à soutenir la proposition de la minorité I (Fässler). En revanche, et cela ne vous étonnera pas, il vous recommande de rejeter la proposition de la minorité II (Maurer).