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Freysinger Oskar · Nationalrat · 2007-03-08

Freysinger Oskar · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2007-03-08

Wortprotokoll

En ce jour de la femme, pour changer un peu de ton, je me suis permis d'écrire un petit poème ci-devant que je vais d'abord déclamer et ensuite, ce sera une petite réflexion philosophique sur le concept d'égalité.

Le poème s'appelle "Femmes".

Depuis toujours nous croyons les connaître,

En vérité nous n'en savons trop rien.

Pourtant, depuis le tréfonds de notre être,

Il existe entre nous d'étranges liens.

La femme connaît tout du masculin,

Il peut faire le beau pour se cacher,

Il peut mentir, flatter, ce sera vain:

L'âme des femmes va le démasquer.

Ce qui nous coûte tant de réflexions,

La femme le comprend en un instant

Car le monde intérieur, l'empire des passions,

Elle y règne depuis la nuit des temps.

S'il veut entrer dans cette dimension,

L'homme doit accepter d'être guidé

Et suivre la prêtresse des passions

Qui lui enseignera la volupté.

Quant à l'aspect philosophique du concept d'égalité, eh bien, si j'étais femme, je revendiquerais l'inégalité. Je la revendiquerais comme un droit fondamental, celui d'être différente, de penser et d'agir autrement. Le droit d'être soi-même, d'être cet être merveilleux et irremplaçable qui, si tendrement, sait extraire l'homme de sa barbarie séculaire. Si j'étais femme, je ne voudrais pas faire ce que les hommes font et surtout, ne pas le faire à leur manière. Je ne chercherais pas à effacer ce qui différencie l'homme de la femme, car différence veut dire complémentarité. Depuis trop longtemps, notre civilisation s'emploie à féminiser les hommes et à rendre les femmes masculines. Le résultat, c'est une génération d'androgynes, d'êtres schizophrènes totalement désorientés, n'osant plus être eux-mêmes car le moi est devenu un ou une autre, dans l'aliénation la plus totale. L'homme affirmant sa virilité est qualifié de macho et la femme revendiquant sa féminité est considérée comme une souillon, une esclave du patriarcat ou alors, comme une traînée. A une époque qui a érigé l'égalitarisme en dogme absolu, nul n'ose plus être lui-même, de peur de ne pas entrer dans le moule politiquement correct que la pensée unique lui a façonné.

Cette recherche d'égalité représente la même aliénation que la quête de la gloire, de la richesse, que la dictature imposée par le consumérisme et la jouissance à tout prix. On ne veut pas vraiment tout cela du fond de son être, mais on se sent contraint de le vouloir sous peine de ne plus exister dans le monde virtuel où nous représentons une forme fautive se zappant elle-même d'un événement festif à l'autre.

La vie ne se vit plus, elle se célèbre dans des grands-messes médiatiques ou musicales, censées remplacer le vide intérieur, car le désert s'étend en nous, ce désert terrifiant annoncé par Nietzsche. Il n'y règne qu'une seule loi: celle qui veut que tout se vaut dans le monde furtif des formes vides, que tout est l'égal de tout, que plus rien ne nous distingue de la tapisserie joyeuse au milieu de laquelle nous noyons nos angoisses et nos désespoirs.

Je dis aux femmes: osez redevenir des femmes, et aux hommes: osez redevenir des hommes, des vrais qui en ont et qui s'assument. La journée dite d'égalité que nous célébrons aujourd'hui n'est qu'un leurre, qu'un triste pagne servant à cacher l'aliénation de notre société. Pour l'homme équilibré, tous les jours de la vie sont une journée de la femme. Et pour la femme qui ose revendiquer sa féminité autrement que par l'affrontement et la comparaison avec le masculin, tous les jours de la vie sont une journée de l'homme.

C'est parce que la femme diffère de moi qu'elle me fascine. C'est parce qu'elle refuse de copier mes travers que je la respecte. C'est parce qu'elle est la prêtresse mystérieuse aux portes d'un univers fascinant que je l'admire. L'homme, c'est le mouvement, le déséquilibre, la recherche et l'insatisfaction perpétuelle. La femme, c'est la stabilité, l'équilibre et l'harmonie. Ils représentent les deux parties d'une faïence qui s'est brisée il y a bien longtemps et dont les deux fragments cherchent désespérément à se retrouver, se coller l'un à l'autre pour former le réceptacle de la vie à venir. Voilà notre destinée d'hommes et de femmes, voilà notre destinée humaine. La renier, c'est se renier. Vouloir être une faïence entière à soi tout seul nous condamne à vivre éternellement avec une affreuse cassure. C'est se priver de l'amour qui seul peut guérir les coeurs blessés. Chercher à adopter le même profil que l'autre moitié de la faïence, c'est se condamner à maintenir perpétuellement ouverte une fissure douloureuse, sans espoir d'apaisement, de plénitude dans l'amour.

Que l'égalité soit réalisée devant la loi, je suis le premier à l'exiger; que pour le même travail, le salaire soit le même, que l'on soit homme ou femme, me semble si évident que je m'étonne que ce ne soit pas encore réalisé partout dans ce pays. Pour que ce soit enfin le cas, il faut faire appliquer la loi avec la plus grande détermination et sévir si besoin en est. Mais pour le reste, pour tout le reste, que cesse enfin cette mise à niveau de ce que la vie a voulu différent et complémentaire. La nouvelle libération de la femme réside dans la libération de la féminité, et non pas dans la castration du mâle.

Mesdames, si j'ai envie d'être galant, laissez-moi ainsi célébrer mon admiration pour le sexe peut-être plus faible de corps, mais infiniment plus fort dans son être. Laissez-vous faire, Mesdames, lorsque je vous tends le manteau, vous cède mon siège dans le bus, m'efface pour vous laisser passer. Nul rabaissement, nul signe de mépris là-dedans, mais tout simplement l'expression de mon respect et de ma vénération pour cet autre principe de vie qui fait vibrer une partie de mon être et, par là, ennoblit l'autre partie, celle qui tend à vouloir remonter sur les arbres. Merci, Mesdames, d'exister et d'ennoblir mes instincts à travers votre féminité triomphante. Merci de ne pas vous rabaisser à un exercice d'égalitarisme stérile!