Beck Serge · Nationalrat · 2006-10-03
Beck Serge · Nationalrat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2006-10-03
Wortprotokoll
Je souscris totalement à l'actualisation de l'analyse qui confirme les fondements du projet "Armée XXI". J'adhère volontiers au renforcement des capacités destinées à la sécurité sectorielle. Cependant, je fais preuve d'un certain scepticisme à l'égard du concept de montée en puissance. Finalement, pourquoi ne voulons-nous pas retenir les leçons de l'histoire et nous rappeler que, lors de la Deuxième Guerre mondiale, notre pays a mis huit à dix ans pour monter en puissance?
En effet, si nous sommes confrontés - ce que nous ne souhaitons pas - un jour aux exigences d'une montée en puissance, nous nous trouverons intégrés à un effort simultané et collectif, car cette réalité concernera au minimum toute l'Europe. Et lorsque nous aurons besoin de munitions de gros calibre, que nous avons récemment renoncé à produire, eh bien toute l'Europe en aura besoin.
Aux conservateurs de droite, qui, avec de mauvais arguments, viennent nous dire: "Le coût de la montée en puissance sera insupportable!", je rétorque que, si nous sommes confrontés à une montée en puissance, le coût n'aura aucune importance. C'est le délai qui aura de l'importance. C'est là que se situera l'enjeu réel. Donc, l'argument du coût de la montée en puissance s'éteint de lui-même.
Je suis également acquis au renforcement des capacités nécessaires à la promotion de la paix, même si nous devons être conscients et assumer les risques dans ce domaine. Par contre, ce que je vous invite à refuser, c'est que, par le biais de la modification de la loi ou de l'ordonnance, l'on fasse de l'"Armée XXI" qui a été approuvée par le peuple une coquille vide. Nous l'avons partiellement fait en substituant à des engagements de sûreté sectorielle à durée limitée des engagements de longue durée qui mobilisent maintenant plus des deux tiers des jours de service et qui sont consacrés à la garde d'objectifs, alors que les combats en formation sont insuffisamment entraînés. A cet égard, on peut d'ailleurs regretter que les prestations de l'armée en faveur de la sécurité en général ne soient pas facturées aux autorités responsables en matière de justice et police, au Département fédéral de justice et police, et aux cantons. On encaisserait là plusieurs dizaines de millions de francs, si ce n'est davantage, chaque année en faveur de l'armée. Et on pourrait démentir ceux qui trouvent que celle-ci coûte trop cher.
L'examen de l'évolution de la menace et des missions nécessite la suppression d'une brigade d'infanterie. Je veux bien accepter cette proposition. Mais je ne peux pas suivre le Conseil fédéral dans sa volonté de ne pas équiper, au sens de l'équipement collectif, véhicules, armes collectives, etc., les deux brigades d'infanterie de réserve. Je vous invite à refuser l'armée de papier. Les unités de l'"Armée XXI" doivent toutes être opérationnelles à bref délai. Nous ne pouvons pas tromper le peuple de cette manière, alors justement que l'enveloppe budgétaire prévue dans le concept de l'"Armée XXI" a été acceptée pour 2008-2011. Le cadre financier défini dans le projet soumis au peuple est donc respecté.
Nous ne devons pas faire le jeu de l'alliance diabolique entre les conservateurs xénophobes et les gauchistes antimilitaristes et, quelque part, vider l'armée de sa substance. Soutenir ma proposition, c'est opter pour une politique réaliste, conforme à la volonté populaire et au cadre financier qui a été présenté au peuple dans le cadre de la mise en place de l'"Armée XXI". Finalement, c'est maintenir une armée plus concentrée avec la suppression d'une brigade, mais dont la totalité des effectifs sont crédibles. Je vous invite à respecter cette solution.
J'aimerais encore vous rendre attentifs au fait que nous avons atteint des limites dans la réduction des moyens consacrés à l'armée. Nous pouvons le voir à la page 5929 du message du Conseil fédéral en langue française dans laquelle on nous explique que la capacité des troupes de défense contre avions permettrait de protéger deux grands ouvrages et un aéroport. Si nous sommes confrontés à une menace terroriste générale, ce sont des objectifs sensibles bien plus nombreux que nous devrons protéger, y compris le laboratoire de Spiez pour lequel nous avons accepté des crédits hier. Nous voyons donc que nous sommes à la limite, si ce n'est déjà au-delà, de l'insuffisance de moyens.
Je vous invite donc à soutenir ma proposition d'équipement complet pour les deux brigades de réserve.