Rime Jean-François · Nationalrat · 2007-03-21
Rime Jean-François · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2007-03-21
Wortprotokoll
Concernant les changements climatiques, on a pu lire dans les médias ces derniers temps tout et son contraire. Ce débat me rappelle étonnamment celui qui a eu lieu il y a vingt ans dans cet hémicycle concernant la mort des forêts. Il n'était déjà pas de bon ton, à l'époque, de contester ce phénomène. On sait où on en est aujourd'hui: les forêts suisses n'ont jamais eu autant de bois.
Je me souviens particulièrement bien de ce débat puisque j'étais déjà à ce moment-là à la tête d'une scierie et que mes amis, pour me taquiner, me demandaient si je pourrais vraiment finir ma carrière dans ce métier. C'est pour cette raison que je concentrerai mon intervention sur les problèmes d'énergie, domaine dans lequel j'ai quelques expériences pratiques depuis vingt ans. Madame Frösch, ce n'est pas parce qu'il n'y aurait rien à dire sur le climat que j'adopte ce point de vue.
En préambule, j'aimerais aborder l'importance d'un approvisionnement électrique fiable, suffisant et à un prix compétitif pour l'industrie. L'approvisionnement des ménages est certainement important, mais probablement pas prioritaire pour notre société. Dans beaucoup de branches industrielles et dans les services à cause de l'informatique, de simples baisses de tension occasionnent des coûts importants. Il faut bien reconnaître qu'en Suisse, dans le domaine de l'approvisionnement énergétique, on jouit d'une situation enviable. Les milieux de gauche n'ont d'ailleurs pas manqué de le relever lorsqu'ils combattaient la libéralisation du marché de l'électricité.
Concernant les prix, je n'ai pas besoin de vous convaincre, chers collègues des groupes socialiste et démocrate-chrétien, vous qui avez fait de la cherté en Suisse votre cheval de bataille pour la campagne de cet automne aux élections fédérales.
Le groupe UDC n'acceptera en aucun cas le risque d'une pénurie d'énergie qui mettrait en danger d'innombrables entreprises et leurs postes de travail.
Je dois déclarer mes intérêts pour ce qui concerne les énergie renouvelables, et principalement la biomasse: je participe à la réalisation d'un réseau de chauffage à distance à Bulle, fonctionnant au bois, d'une puissance actuelle de 16 mégawatts et qui devrait approvisionner à moyen terme 10 000 habitants. La part globale du bois peut certainement être doublée à certaines conditions. Mais dans ce domaine, il faut bien reconnaître que si on force la dose, on risque de mettre en danger l'industrie du papier, de la cellulose et des panneaux. Est-ce vraiment un but? Ces industries ont besoin des mêmes assortiments.
Quel est le potentiel réel de la forêt suisse? Monsieur le conseiller fédéral, je vous ai posé la question il y a quelques mois. Je vous serai reconnaissant quand même, lorsque les chiffres du troisième inventaire forestier national seront disponibles, de nous donner certaines informations à ce sujet, parce que l'appréciation qui a été faite jusqu'à maintenant donne l'impression qu'on a fait une photo depuis 10 000 mètres d'altitude, mais qu'en raison des coûts d'exploitation, des routes, etc., on nous donne des chiffres globaux, qui ne sont pas forcément réalistes.
Que veut-on faire avec le bois? Du bioéthanol que l'on va brûler dans des moteurs avec un rendement de 30 pour cent? ou bien veut-on utiliser le bois pour chauffer directement, avec un rendement final de 90 pour cent? Veut-on mettre en valeur les bois de recyclage, 700 000 tonnes par année, soit l'équivalent d'un peu plus de 300 millions de litres d'huile de chauffage? Les normes techniques, notamment, sur les poussières fines, sont-elles justes ou trop strictes? J'ai parfois l'impression qu'au Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication, un bureau veut promouvoir l'énergie du bois et deux bureaux édictent des normes qui rendent toujours plus difficile la réalisation des centrales à bois.
J'aimerais rassurer Madame Menétrey-Savary concernant les interpellations. Il est bien clair que je ne vais pas perdre mon temps sur mon interpellation 05.3488 du 21 septembre 2005, par laquelle je demandais de renoncer à la taxe sur le CO2. Je sais comme elle que ce dossier est classé - mais pas depuis longtemps, puisqu'il a été effectivement bouclé hier.
Par l'interpellation 07.3013, dont je suis le porte-parole, le groupe de l'Union démocratique du Centre demande des mesures incitatives et des allègements fiscaux dans les secteurs mobilier et immobilier. A ce sujet, le journal "24 heures" et la "Tribune de Genève" ont publié ce matin un article intéressant qui fait parfaitement ressortir la philosophie politique des différents groupes de ce Parlement. Le groupe socialiste, le groupe des Verts et, malheureusement, le groupe démocrate-chrétien veulent imposer, taxer, interdire. Je relèverai également que les organisations environnementales s'opposent à tous les bons projets, comme celui, par exemple, du rehaussement du barrage du Grimsel.
L'Union démocratique du Centre et le Parti radical-libéral - il faut le relever - veulent améliorer l'efficacité énergétique, [PAGE 474] favoriser aussi les économies d'énergie et introduire des mesures d'incitation fiscale pour les énergies renouvelables, aussi bien dans les secteurs des transports que de l'industrie et de l'habitation. Je précise que lorsqu'on parle de mesures d'incitation, on ne parle pas de subventions, mais plutôt d'amortissements accélérés ou extraordinaires, de réductions de taxes. Il s'agit par exemple des taxes sur l'importation des véhicules respectueux de l'environnement ou peut-être, si les cantons le souhaitent - cela a déjà été fait à certains endroits -, d'une réduction des impôts cantonaux sur les automobiles. Les incitations fiscales - cela a déjà été dit ici - existent déjà dans certains cantons. Mais nous pensons qu'elles doivent être encore accentuées.
Enfin, comme je vous l'ai dit, le groupe UDC souhaite à tout prix éviter la pénurie d'électricité en permettant, si nécessaire - et je dis bien "si nécessaire" -, la construction d'une centrale nucléaire dans un délai raisonnable, ce que les lois actuelles ne nous permettent pas.
Nous combattrons les nouveaux impôts; nous combattrons les nouvelles taxes; nous combattrons les interdictions en tout genre. Au lieu d'interdire, nous pensons que la Confédération doit fixer des valeurs limites, des normes, mais qu'elle ne doit pas intervenir pour imposer les moyens techniques propres à atteindre ces normes. La liberté doit être laissée à l'industrie de choisir les moyens techniques pour respecter les normes en vigueur. Dans ce domaine-là, permettez-moi de prendre l'exemple des filtres à particules: je crois qu'il est inutile d'imposer un filtre à particules si on atteint le même résultat ou un meilleur résultat par d'autres moyens techniques.
En conclusion, le groupe UDC se préoccupe de la qualité de vie, de la qualité de l'air, de la qualité de notre climat et du bien-être de nos concitoyennes et de nos concitoyens. Mais le groupe UDC refuse de transformer en religion un sujet du moment - comme on l'a fait il y a vingt ans avec la mort des forêts -, comme on tente de le faire aujourd'hui avec le réchauffement climatique.