Freysinger Oskar · Nationalrat · 2007-03-21
Freysinger Oskar · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2007-03-21
Wortprotokoll
Prétendre que la Suisse ne fait rien dans le domaine environnemental et dans celui des énergies renouvelables est parfaitement injuste. Actuellement, les énergies renouvelables sont soutenues à hauteur de 120 millions de francs par année, sans compter les 345 millions prévus dans la loi sur l'approvisionnement en électricité et dans la loi sur l'énergie.
Dans le domaine des économies d'énergie, la nouvelle législation prévoit également de multiples mesures concernant les véhicules, les appareils ménagers, les nouvelles constructions. La preuve que le système d'approvisionnement énergétique en Suisse est l'un des plus écologiques est que notre pays n'est responsable que de 0,2 pour cent des émissions de CO2 dans le monde au niveau de sa production d'énergie. 55 pour cent de nos besoins sont couverts par l'hydroélectricité et 40 pour cent par le nucléaire. Il reste 5 pour cent pour les centrales thermiques conventionnelles et les énergies vertes. Dans le cadre de celles-ci, les énergies éolienne et photovoltaïque ne représentaient en 2003 que 0,033 pour cent de toute la production d'énergie en Suisse. La part de toutes les énergies renouvelables s'élevait à 1,5 pour cent du total.
Pour notre industrie et nos ménages, le problème se posera à moyen terme, c'est-à-dire dans une fourchette allant de 2015 à 2020. Si des mesures ne sont pas prises dans un sens ou un autre, le risque d'une pénurie menace, car la population ne cesse d'augmenter ainsi que les besoins en énergie. Que faire dès lors pour garantir l'approvisionnement à moyen terme? Comme la plupart des partis, l'UDC est convaincue qu'à longue échéance, le futur appartient aux énergies renouvelables. Une percée technologique révolutionnaire est toujours possible: au niveau du moteur à hydrogène, de la géothermie, voire des capteurs solaires. Dans ce cas, le passage des technologies actuelles à l'approvisionnement du futur se fera en très peu de temps.
La question est de savoir ce que nous ferons dans la phase médiane, entre aujourd'hui et 2035, en attendant cette percée possible mais encore aléatoire. Pour ma part, je prône une politique qui laisse un maximum de portes ouvertes et qui table donc à moyen terme sur la diversité des apports énergétiques sans faire une religion soit de l'énergie verte, soit de l'énergie nucléaire. Ce qui doit nous guider dans cette phase de transition, c'est le pragmatisme. Celui-ci veut que nous tentions de maintenir un maximum d'indépendance par rapport à notre approvisionnement énergétique. Cela n'est, toujours à moyen terme, possible que sur deux axes: le premier consiste à favoriser les énergies que nous sommes capables de produire sur notre territoire national; le deuxième consiste, en considération de la volatilité de la politique internationale, à diversifier au maximum notre approvisionnement.
Se limiter à un nombre restreint de sources d'énergie représente une folie qui pourrait nous coûter cher. Parmi les énergies importées, certaines proviennent de régions plus sûres que d'autres. Ainsi, l'uranium provenant principalement d'Australie et du Canada, son approvisionnement est mieux garanti que celui du pétrole ou du gaz, qui sont instables tant au niveau des prix qu'à celui de l'approvisionnement. Pour le gaz, nous sommes cependant à la croisée des chemins entre le Sud, le Nord et l'Est, ce qui diminue notre dépendance par rapport à la Russie, mais ne l'élimine pas totalement.
Quant aux énergies renouvelables, elles font partie du faisceau d'apports à soutenir. Cependant, en tirant au maximum sur cette corde, nous pouvons espérer, sans révolution technologique inopinée, en tirer au maximum 10 à 15 pour cent de nos besoins en énergie. Or, cela étant largement insuffisant à moyen terme, il faudra bien que nous laissions la porte ouverte aux centrales à gaz, voire éventuellement au nucléaire. L'amélioration des isolations et les nouvelles exigences pour les véhicules et appareils techniques pourront contribuer à diminuer le gaspillage, mais le problème reste posé, je dis bien à moyen terme.
Que l'Etat soutienne la recherche dans le domaine énergétique me semble parfaitement défendable. Qu'il incite à la transition vers des formes d'énergies moins polluantes, voire renouvelables, par exemple par le biais de l'exonération fiscale, procède du plus élémentaire bon sens. Ce qu'il faut éviter cependant, c'est le maintien sous perfusion de producteurs d'énergie par un subventionnement abusif, donc au mépris des lois du marché. Et cela ne concerne pas seulement les énergies vertes, mais également les sources d'énergie plus traditionnelles et plus polluantes. Finalement, en tant que Valaisan ayant grandi à l'ombre des barrages, je me réjouis de l'apport supplémentaire engendré par les législations sur l'électricité et l'énergie dans la production d'énergie hydraulique.
En effet, dans ce domaine, une augmentation substantielle de la productivité est possible grâce au remplacement des turbines, au rehaussement de certains barrages et à une meilleure utilisation des eaux de surplus. Cependant, il est étrange de constater que les milieux qui condamnent le nucléaire et les centrales produisant du CO2 s'opposent, dans le domaine hydraulique, à nombre de projets prometteurs, tels que les projets au fil de l'eau, certains rehaussements de barrages, l'utilisation des eaux de surplus. Régulièrement, le Parti écologiste fait opposition à ces projets qui sont pourtant générateurs d'énergie propre.
Ce qui fait défaut dans ce débat, comme dans bien d'autres, c'est le pragmatisme. Les citoyens ne veulent pas nous voir nous essouffler dans une course illusoire vers l'absolu. Ils nous demandent de réaliser le possible pour éviter une pénurie à moyen terme, qui ne ferait que des perdants. Cela ne signifie pas qu'il faille négliger l'intérêt que représentent à long terme les énergies vertes et renouvelables. Mais vouloir [PAGE 477] faire des révolutions contre l'évolution des mentalités en voulant accélérer les choses sans que les gens soient prêts psychologiquement à suivre le mouvement, c'est se faire beaucoup d'illusions. Je crois plutôt aux révolutions lentes et progressives, à la politique des petits pas, qui gentiment va nous amener vers les énergies du futur, sans qu'il y ait de grande crise ou de grande révolution.