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Marty Dick · Ständerat · 2007-06-06

Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2007-06-06

Wortprotokoll

J'aimerais moi aussi m'associer aux remerciements qui ont été adressés à la sous-commission compétente de la Commission de gestion et à son rapporteur. Le rapport qui a été fait est stimulant et a le mérite de faire réfléchir. La conclusion est que l'aide suisse au développement fait un bon travail. Si l'on compare aux standards internationaux, je crois qu'on peut en être content et savoir gré à la Direction du développement et de la coopération (DDC) du travail qu'elle accomplit. Certes, il y a des problèmes et certains dysfonctionnements. La critique doit être interprétée comme étant constructive, comme une confrontation dialectique qui a pour but d'améliorer toujours cet important travail.

Je parlais d'un bon travail, mais il est insuffisant. Comme Madame Sommaruga l'a rappelé, en souscrivant aux Objectifs du Millénaire pour le développement, nous nous sommes donc clairement engagés à augmenter les moyens financiers à disposition de l'aide au développement. Aujourd'hui, sur 100 francs de richesse créée dans ce pays, nous consacrons 40 centimes à l'aide au développement. Certains nous disent qu'il n'y a pas que l'aide à l'étranger et qu'il faut aussi aider chez nous. Alors, sur ces 100 francs de richesse créée en Suisse, si nous prenons la somme d'argent que nous consacrons à l'aide interne et à tous les mécanismes de protection sociale, nous voyons que par rapport aux 40 centimes consacrés à l'aide au développement, cette somme se monte à 27 ou 28 francs. Et aujourd'hui, on demande de porter ces 40 centimes à 70 centimes. Donc on reste, tout compte fait, dans des dimensions encore extrêmement modestes.

Alors, on peut dire: "L'aide est-elle une question éthique ou une question d'intérêts?" Moi, je crois qu'elle répond aux deux. C'est une question éthique parce que, face à ce monde où il y a quelques riches qui deviennent toujours plus riches et beaucoup de pauvres qui deviennent toujours plus pauvres, on doit réagir. Mais c'est aussi, et surtout, une question d'intérêts parce que, si nous voulons assurer aux générations futures un monde de paix, de progrès, et où la civilisation s'impose, il est dans l'intérêt éminent de nous tous que ce monde devienne meilleur. Donc, cette aide au développement est finalement aussi une aide à nous-mêmes. [PAGE 374]

Madame Sommaruga a parlé du Niger, où nous sommes allés récemment. Nous avons pu constater à quel point dans ce pays le changement climatique a des effets absolument spectaculaires et impressionnants: l'avancée du désert et la disparition progressive de l'eau. Cela signifie qu'à terme il y aura des millions de personnes qui s'en iront ailleurs, qui iront chercher un monde meilleur et qui viendront chez nous si on n'intervient pas. L'aide au développement est donc à l'évidence dans notre intérêt.

La Commission de gestion a bien mis en évidence des problèmes qui existent. Je crois qu'ils méritent d'être examinés. La DDC a réagi, peut-être pas toujours de la meilleure façon, mais je crois qu'en son sein on en est tout à fait conscient.

J'aimerais encore vous rappeler qu'il ne suffit pas de fournir de l'aide au développement pour résoudre les problèmes du monde. Il y a beaucoup de décisions politiques et macroéconomiques qui ont une influence énorme sur le développement du monde. Je pense au commerce international; je pense aux subsides que nous octroyons à l'agriculture. Si l'on compare les subsides que les pays riches donnent à leur agriculture à ce qu'ils donnent aux pays en développement, on note une disproportion absolument impressionnante. Je pense aussi au domaine des brevets.

Voilà, ces deux motions devaient quand même être l'occasion d'échanger quelques réflexions sur un domaine qui est extrêmement important et qui devrait et devra nous occuper beaucoup plus ces prochaines années.