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Ory Gisèle · Ständerat · 2007-06-13

Ory Gisèle · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2007-06-13

Wortprotokoll

Le mécontentement des médecins de premier recours est perceptible. Nous avons même pu nous rendre compte de son ampleur lors de la manifestation organisée le 1er avril 2006 sur la place fédérale, manifestation qui a été accompagnée d'une pétition revêtue de plusieurs milliers de signatures. Une telle manifestation n'est pas banale et je crois que nous devons tenir compte de l'insatisfaction qu'elle traduit.

Tout d'abord, les généralistes forment la base d'une organisation de la médecine économique, telle que nous la voulons. Ce sont eux qui doivent accueillir le patient, faire la première évaluation du cas et le diriger ensuite si nécessaire chez un spécialiste dont les prestations sont en général plus onéreuses. Ensuite, ils forment aussi la base des réseaux de soins que nous voulons promouvoir.

Il est donc important que la profession de médecin généraliste reste attractive par la qualité et la variété du travail comme par sa rémunération. Or, ce que nous voyons, c'est que le nombre de cabinets de médecins généralistes est très stable, voire même est en train de diminuer. Cela doit nous faire réfléchir. Pire encore, d'après l'enquête menée auprès des assistants de dernière année de médecine, 10 pour cent seulement des étudiants se destinent à la médecine généraliste. Pendant ce temps, le nombre de cabinets de médecins spécialistes continue d'augmenter et, même, de manière préoccupante. Il n'a en particulier pas pâti de l'introduction de la clause du besoin. Je dirai même, au contraire, que la clause du besoin lui a profité, puisque l'on voit une nette augmentation statistique du nombre de cabinets de spécialistes depuis 2002. Cette tendance devrait cependant se stabiliser. Il faudra que nous ayons les statistiques des trois prochaines années pour l'analyser de manière probante.

Le rapport que nous avons eu met en évidence quelques aspects de cette grogne. Le premier élément, c'est le niveau de rémunération. On constate tout d'abord que les généralistes, contrairement à ce que l'on aurait voulu dans le cadre de la réflexion sur le rôle de la médecine, voient leur revenu augmenter bien moins rapidement que celui des spécialistes, selon les statistiques que nous avons obtenues - lesquelles sont lacunaires, il est vrai.

Le deuxième élément, c'est l'intérêt pour la profession et les griefs qui sont cités quant à la formation en matière de radioprotection, l'évaluation des analyses de laboratoire et la remise de médicaments. Nous aurions besoin d'avoir une comparaison plus précise avant et après le Tarmed pour nous faire une idée des conséquences de l'introduction du Tarmed sur le revenu des médecins généralistes.

Il serait aussi de toute façon intéressant de connaître l'effet des diverses mesures ordonnées ces dernières années sur le revenu des médecins. Cependant, d'une manière générale, un médecin doit pouvoir gagner correctement sa vie sans devoir faire des radiographies, des analyses ou de la propharmacie. Si son revenu en dépend de manière déterminante, nous avons affaire à des incitations à prodiguer des actes médicaux inutiles et, donc, à dépenser inutilement.

Il faudrait examiner aussi s'il serait opportun de réévaluer le point de certaines prestations de la médecine de base pour remédier au problème du revenu, et éventuellement de pouvoir différencier la valeur du point dans un même canton pour encourager des généralistes à s'installer dans des contrées décentrées. Ce serait une manière d'équilibrer le nombre de médecins plus nuancée que la clause du besoin.

Nous avons obtenu des réponses; nous nous posons encore des questions; nous avons besoin de ces différentes évaluations. Ce sont les raisons pour lesquelles je vous prie d'accepter le postulat de la commission.