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Amgwerd Madeleine · Ständerat · 2007-06-19

Amgwerd Madeleine · Ständerat · Jura · Christlichdemokratische Fraktion · 2007-06-19

Wortprotokoll

Je vais essayer d'être aussi brève que possible, mais il me semble quand même important de préciser l'une ou l'autre chose.

En 2007, il paraît presque inimaginable d'admettre qu'environ un million de personnes en Suisse puissent être considérées comme illettrées ou en situation d'illettrisme. L'opinion publique n'a guère conscience de l'ampleur du problème. Dans notre pays, d'après une étude publiée par le bureau BASS en avril 2007, plus de 350 000 personnes de nationalité suisse et plus de 400 000 personnes de nationalité étrangère dans la tranche d'âge de 16 à 65 ans sont en situation d'illettrisme. Cela correspond à 16 pour cent de la population adulte. On estime aussi qu'environ 4000 jeunes quittent chaque année l'école obligatoire avec un niveau insuffisant, au point de compromettre leurs chances de réussir un apprentissage professionnel. Cela représente entre 5 et 7 pour cent du total de cette classe d'âge.

L'illettrisme ne signifie pas seulement ne pas savoir lire. Une partie des personnes dites illettrées lisent, mais elles ne comprennent pas les textes simples de la vie de tous les jours et ne peuvent pas remplir des formulaires administratifs ou faire des calculs pour répondre aux exigences de la vie quotidienne ou professionnelle. Leur niveau de compétence est faible, même si elles ont suivi neuf ans d'école obligatoire dans notre pays. C'est aussi un constat d'échec de l'école obligatoire qui me navre, et que les autorités politiques et scolaires doivent prendre au sérieux.

L'illettrisme a aussi un coût économique global estimé par le bureau BASS à 1 milliard de francs. Il est à noter que la Confédération ne doit pas remédier seule à ce problème, mais qu'il appartient aussi aux cantons d'être attentifs à ce phénomène et de mettre en place des structures, des moyens, dans le cadre de la scolarité obligatoire d'une part, dans la formation professionnelle et dans les offres de formation continue d'autre part. La future nouvelle loi sur la formation continue pourrait apporter une réponse ciblée dans ce domaine.

Je remercie la commission d'avoir pris à son compte cette problématique peu connue du grand public et également le Conseil fédéral, qui a proposé de l'accepter. Je vous recommande d'en faire de même.