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Levrat Christian · Nationalrat · 2007-12-10

Levrat Christian · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2007-12-10

Wortprotokoll

Aussi bien le compte d'Etat 2007 que le budget 2008 présentent un visage réjouissant. Ils sont pourtant le fruit de coupes douloureuses dans des prestations importantes. Si nous nous réjouissons néanmoins de ces résultats, c'est parce qu'ils nous permettent de dégager, pour la première fois depuis des années, de réelles marges de manoeuvre, de fixer des priorités claires, en faisant abstraction de l'obsession de la calculette, qui a régné parfois dans cette salle.

Nous avons commencé la législature précédente par la question: quelles sont les tâches que nous pouvons supprimer? Nous devons aujourd'hui nous poser la question suivante: où devons-nous investir pour garantir la prospérité future de ce pays? Ce n'est pas qu'il faille cesser de réfléchir aux tâches de l'Etat. Le Conseil fédéral a du reste lancé dans ce sens un projet au titre prometteur: "Examen des tâches de la Confédération". Je m'étais réjoui à l'époque de réfléchir aux priorités de l'Etat, aux attentes de la population. En lieu et place de cet examen critique, le Conseil fédéral préfère mener ses réformes à la tondeuse à gazon, en limitant d'emblée l'évolution des moyens, en fixant de manière rigide la quote-part de l'Etat dans le futur.

Cette marge de manoeuvre nouvellement acquise nous donnerait pourtant les moyens de mettre en oeuvre les réformes indispensables, à condition de faire des choix corrects. Voulons-nous, par exemple, comme l'ont décidé le 1er octobre dernier au Conseil des Etats les représentants de l'UDC et du PRD dans le débat sur la "flat rate tax", abaisser l'impôt sur les bénéfices de 8,5 à 5 pour cent et priver la caisse fédérale de 3,7 milliards de francs? Ou pensons-nous au contraire qu'il conviendrait de procéder à des investissements plus importants dans le domaine de la recherche et la formation?

Voulons-nous d'autre part vraiment nous contenter, en matière énergétique, d'éteindre nos lumières cinq minutes un samedi soir - samedi dernier - et considérer ainsi notre devoir comme accompli? Ou alors pensons-nous qu'il est nécessaire d'avoir une politique énergétique plus ambitieuse et donc d'y accorder des moyens supplémentaires, moyens largement insuffisants dans le budget qui nous est proposé?

Enfin - et vous me pardonnerez de vous le rappeler -, trouvons-nous correct que le personnel de la Confédération n'ait pas bénéficié depuis 17 ans d'une augmentation réelle de salaire? Posez-vous cette question: quels étaient vos salaires il y a 17 ans et trouveriez-vous correct qu'ils n'aient pas évolué depuis 1991?

En ce sens, avec le groupe socialiste, je vous invite à voter pour les crédits supplémentaires requis en matière de formation, d'énergie et de politique du personnel.

Permettez-moi d'ajouter simplement une remarque à l'adresse du groupe UDC et de la proposition de renvoi Schwander. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le groupe UDC nous annonce la couleur, la couleur d'une opposition totale, sans trop de nuances ni de respect pour la concordance politique, une concordance à laquelle chacun d'entre vous se réfère pourtant en vue des élections de mercredi.