Recordon Luc · Nationalrat · 2007-06-20
Recordon Luc · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2007-06-20
Wortprotokoll
Comme vient de le dire Madame Genner, les Verts vous appellent à entrer en matière, à rejeter la proposition de renvoi et, pour l'essentiel, à vous en tenir aux montants qui sont proposés pour les plafonds des dépenses sans les augmenter.
Nous pensons en effet que des efforts de coordination importants ont été faits, qui étaient probablement judicieux, et que nous ne devons pas aller plus loin. En particulier en matière de culture et en matière de tourisme, il nous semble, sous bénéfice d'inventaire, puisque nous verrons ce que cela donne au cours des prochaines années, qu'il y a lieu de maintenir des structures séparées. On ne peut pas promouvoir de la même façon les entreprises et la culture, ni même les entreprises et le tourisme. La proposition de renvoi du groupe UDC doit donc, à notre avis, être rejetée.
Pour ce qui est des montants qui sont proposés, il ne faut pas se laisser griser par les effets de levier. On lisait récemment dans une publication de Suisse Tourisme, à l'en croire, que si nous investissions un franc dans le tourisme, nous produirions un effet de levier considérable. On avait l'impression, à lire cet article, que l'on aurait pu effacer quasiment notre dette, en augmentant sans limitation les moyens pour le tourisme, parce que les touristes étrangers pourraient arriver en quantités invraisemblables. Je crois que ce genre de raisonnement est dangereux et trouve ses limites dans le bon sens. Il y a un moment où l'effet de levier n'a plus lieu, il y a un moment où il faut savoir limiter les prestations en vue de la promotion de notre pays. Bien sûr, on peut peut-être faire encore un peu plus, mais les montants qui sont alloués ne sont pas négligeables et, à l'aune des autres tâches de la Confédération, des sévères restrictions que nous avons imposées dans certains domaines, il n'y a pas lieu de faire plus aujourd'hui que ce qui est proposé.
Enfin, sur la manière, nous avons quelque chose de spécifique à dire en tant que Verts et je reprends au vol la balle lancée par Madame Genner ici aussi. Il est important que dans l'ensemble de ces crédits, nous ayons le développement durable à l'esprit, pas seulement la notion de durabilité de l'installation des entreprises que nous allons chercher, mais également le développement durable dans la pleine acception du terme, qui n'est pas une notion purement environnementale, dois-je le rappeler, qui est une notion d'équilibre entre les impératifs de l'économie, ceux du social et ceux de l'environnement.
C'est la raison pour laquelle, dans une proposition de minorité qui viendra en discussion tout à l'heure, je me suis permis d'insister, en tout cas dans l'un des actes législatifs, sur le fait que l'on puisse introduire explicitement la notion de développement durable, et non pas seulement celle de durée.
Il est en effet essentiel que la Suisse puisse progresser dans des domaines où elle a été trop longtemps à la traîne. Elle a été pionnière en matière énergétique et environnementale. Elle n'a aujourd'hui aucune politique industrielle dans ces domaines pourtant extrêmement prometteurs, comme le montre l'expérience allemande en particulier.
C'est la raison pour laquelle je vous rends d'ores et déjà attentifs à cette proposition qui vous sera soumise dans quelques instants.