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Bugnon André · Nationalrat · 2007-12-12

Bugnon André · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2007-12-12

Wortprotokoll

Nous faisons aujourd'hui nos adieux à la chancelière de la Confédération. Pendant deux législatures, Madame Annemarie Huber-Hotz a dirigé la Chancellerie fédérale et éclairé - je dirai même "coaché" - les débats du gouvernement. A l'aube de ses soixante ans, cette éminente représentante du canton de Zoug met un terme à une carrière exemplaire de plus de trente ans au service de l'administration fédérale.

Annemarie Huber-Hotz est entrée au Secrétariat général du Parlement en 1978. Quatorze ans plus tard, elle en a pris la direction après avoir assumé douze ans durant le secrétariat du Conseil des Etats. Elle a été la première femme secrétaire générale de l'Assemblée fédérale, de 1992 à 1999, avant d'être élue à la tête de la Chancellerie fédérale.

Le douzième chancelier de la Confédération aura donc été une chancelière, et même notre toute première chancelière depuis la naissance de la Suisse moderne, il y a 160 ans. Annemarie Huber-Hotz a siégé 350 fois aux côtés du Conseil fédéral et usé de sa voix consultative sur les 15 000 objets examinés durant les deux dernières législatures. Elle a ainsi prouvé par l'acte que la plus haute magistrature de l'administration fédérale pouvait se décliner au féminin, pour le plus grand bien de nos institutions.

Est-ce qu'Annemarie Huber-Hotz se voyait déjà en pionnière lorsqu'elle a choisi d'entrer aux Jeunesses radicales, au début des années 1970? Peut-être bien. Car elle avait vingt ans en mai 68 et elle a vécu de l'intérieur le bouillonnement intellectuel de cette époque. C'est en connaissance de cause qu'elle a choisi l'idéologie libérale. Elle a étudié avec passion la sociologie, les sciences politiques et l'aménagement du territoire, avant de mener de front carrière et responsabilités familiales.

Elle a avancé vers son rendez-vous avec l'histoire avec conviction et détermination. Et aussi avec l'aide de son mari, qui est resté plusieurs années au foyer pour veiller sur leurs trois enfants. Au moment de se porter candidate à la succession de François Couchepin, Annemarie Huber-Hotz n'a ni tremblé ni hésité. Elle a abordé cette élection avec la ferme volonté de gagner. Et le destin lui a fait un petit clin d'oeil sous la forme des voix socialistes reportées sur son nom aux troisième et quatrième tours de scrutin.

Annemarie Huber-Hotz ne s'est pas pour autant endormie sur ses lauriers. Elle a mis tout en oeuvre pour incarner la haute idée qu'elle se faisait du service public. Elle s'est vouée entièrement à sa charge, faisant passer l'institution avant sa personne. Elle a réussi à démystifier la fonction de chancelier de la Confédération et à lui rendre sa valeur originelle de sommet de l'administration fédérale.

Notre chancelière a oeuvré sans relâche pour rapprocher l'administration de la population. Elle a rassemblé départements et offices fédéraux sous un logo unique, celui de la croix blanche, emblème de la Confédération.

Elle a aussi concrétisé le "Portail suisse" qui assure à toutes les citoyennes et citoyens l'accès aux administrations communales, cantonales et fédérales par Internet, et elle a placé la Suisse en tête de l'expérimentation du vote électronique.

Annemarie Huber-Hotz a encouragé le dialogue entre le Parlement et le Conseil fédéral et aussi entre les départements fédéraux eux-mêmes. Estimant qu'il n'y a pas besoin de loi pour tout et luttant contre la bureaucratie, elle n'a jamais craint les solutions peu conventionnelles lorsque [PAGE 2088] celles-ci menaient au but. Si elle soutient aujourd'hui l'élargissement du collège gouvernemental à neuf membres, c'est avec le souci pragmatique de soulager les conseillers fédéraux tout en assurant une meilleure représentation des minorités politiques.

Durant son mandat, la chancelière de la Confédération s'est faite l'avocate d'une démocratie vivante. Elle a soutenu des initiatives pour éduquer les jeunes au débat et à la discussion et elle a participé à la promotion des femmes en politique. Consciente du rôle joué par la presse dans la maturation des idées et des projets, elle a défendu de bonnes conditions de travail pour les journalistes accrédités au Palais fédéral.

Annemarie Huber-Hotz fait en effet partie de cette génération de femmes qui ont dû prouver qu'elles étaient aussi capables que les hommes. Elle a contribué à changer notre regard sur le rôle des femmes non seulement en politique, mais aussi dans le monde professionnel et au sein de l'économie. Elle est entrée dans l'histoire suisse, portée par sa confiance en elle-même et dans la force de renouvellement de son pays. Elle restera dans les annales comme une immense travailleuse, imbattable sur ses dossiers, une femme aux compétences et aux talents rares, une magistrate "hyperactive" et généreuse qui a placé la barre très haut pour sa succession.

Chère Annemarie, on m'a dit que tu as eu de la peine à t'habituer à rouler en voiture de fonction et que l'habit cérémonial de chancelière te gênait aux entournures. Tu te réjouis sans doute de pouvoir à nouveau faire tes emplettes en jeans et de retrouver la liberté que donne l'anonymat. Mais ton nom restera accolé à plusieurs symboles fondateurs de notre petit Etat. Tu as en effet choisi de poursuivre ton engagement à la vice-présidence de la Croix-Rouge suisse, à la présidence du Conseil de l'Aide suisse aux montagnards et à la tête de la Société suisse d'utilité publique et de sa Commission du Grütli.

Unsere besten Wünsche begleiten Dich bei Deinen neuen Aufgaben und Projekten. Und wir wünschen Dir viele glückliche Stunden mit Deiner Familie. (Stehende Ovation)