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Brunschwig Graf Martine · Nationalrat · 2008-03-04

Brunschwig Graf Martine · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2008-03-04

Wortprotokoll

Pour le groupe radical-libéral, l'avenir de la Suisse est fortement lié à la façon dont elle se positionne sur la scène politique internationale. Notre pays a ses intérêts à défendre, une situation économique et sociale à préserver, de même que son autonomie, son indépendance, sa neutralité et son libre arbitre dans les domaines qui la concernent. Les radicaux-libéraux s'engagent donc en faveur d'une politique d'ouverture qui sache faire preuve de générosité, mais qui ne cède ni à la naïveté, ni à l'effet vitrine. Nous pouvons dès lors faire nôtre le fait qu'une solidarité en matière de politique du développement réponde à un intérêt bien compris. Mais nous ajouterons aussi que ce choix exige rigueur dans l'usage des deniers publics et clairvoyance dans l'intervention à conduire.

Nous nous engageons clairement en faveur des accords bilatéraux avec l'Union européenne, mais nous sommes tous conscients du fait que les accords ainsi négociés constituent à l'heure actuelle la seule voie à suivre. Mais nous ajoutons que cet enjeu ne doit pas nous conduire à n'importe quelle concession, ni à accepter de nouvelles restrictions à la liberté économique que nous défendons. Nous approuvons la volonté du Conseil fédéral de renforcer les liens, dans un esprit d'universalité, qui s'étendent à la Russie comme au Japon, à la Chine comme à l'Afrique du Sud, mais nous estimons indispensable que la vision de la Suisse porte aussi, comme le défend d'ailleurs le Conseil fédéral, sur le renforcement des relations avec des Etats de plus petite dimension.

La politique étrangère ne se réduit pas aux relations économiques et sociales, mais doit s'étendre à une coopération plus diversifiée. Tout comme le Conseil fédéral, nous sommes conscients du fait que la Suisse ne peut assurer sa position au sein d'organes internationaux importants qu'avec l'appui de nombre de pays qui ne sont pas tous, et de loin, des partenaires de premier plan du point de vue économique.

Ceci étant posé, j'aimerais ici, au nom du groupe que je représente, mettre l'accent sur des points plus spécifiques du rapport et de ses annexes, car la Suisse assume un rôle particulier, je l'ai dit tout à l'heure. Elle se trouve aujourd'hui encore acteur comme d'autres de la politique internationale. Mais de par sa neutralité, de par son expérience en matière de bons offices, elle constitue aussi, dans le cadre de certains conflits ou crises internationales, un pays facilitateur dans la recherche de solutions. Ce n'est donc pas sans réticence que les représentants du groupe radical-libéral ont appuyé la reconnaissance du Kosovo par le Conseil fédéral. Ils ont même proposé un amendement laissant au Conseil fédéral le soin de décider du moment où il prendrait définitivement position. Cette annonce a eu lieu mercredi dernier. Il serait vain de revenir sur les événements qui font qu'en 2005, la Suisse s'était déjà positionnée et les commissions concernées pas encore exprimées.

Nous sommes inquiets pour le futur. Nos inquiétudes portent sur la protection des minorités au Kosovo, les relations avec la Serbie, avec laquelle la Suisse entretenait jusqu'ici un rapport particulier, et l'équilibre dans la région. Le Conseil fédéral a d'ailleurs souligné lui-même que la reconnaissance du Kosovo aujourd'hui va de pair avec la volonté de resserrer les relations étroites qu'il entretient avec la Serbie et de renforcer la très bonne coopération entre la Suisse et la Serbie. C'est donc sur ces points-là que nous attendons son action.

Nous souhaitons que la Suisse reste présente et que la Swisscoy soit maintenue. Nous souhaitons la présence de la KFOR. Mais nous nous demandons aussi quel sera le mandat et quel sera le statut réel du groupe de suivi dans lequel la Suisse souhaite désormais s'engager. Nous attendons du Conseil fédéral des précisions à cet égard.

Parler de la politique étrangère de la Suisse, c'est aussi parler de la façon dont la Suisse assume sa vocation internationale chez elle. Le groupe radical-libéral appuie la politique d'accueil des organisations internationales, gouvernementales et non gouvernementales sur le territoire helvétique, et à Genève en particulier. Cette stratégie ne concerne pas le seul canton d'accueil, mais s'inscrit dans une politique qui profite à l'ensemble du pays. Il nous paraît indispensable que le Parlement fédéral puisse mieux mesurer les apports de cette politique d'accueil de la Suisse au-delà de ce qui profite directement aux cantons concernés.

Comme le relève le Rapport de politique étrangère 2007, la concurrence est rude sur le plan international lorsqu'il s'agit d'obtenir le siège d'une nouvelle organisation. La Suisse ne peut pas se battre sur tous les fronts sans risque de se [PAGE 46] disperser. Le groupe radical-libéral souhaite donc que soient clairement précisées les priorités du Conseil fédéral en la matière. Ceci nous paraît d'autant plus important qu'il ne s'agit pas d'apporter uniquement un soutien moral, mais aussi l'appui ferme à des crédits importants pour favoriser l'installation ou l'extension d'organisations sur notre territoire.