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Ménétrey-Savary Anne-Catherine · Nationalrat · 2000-11-30

Ménétrey-Savary Anne-Catherine · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2000-11-30

Wortprotokoll

Mme Fehr Lisbeth pose de bonnes questions, notamment en replaçant les thérapies avec prescription d'héroïne dans le contexte de l'ensemble des thérapies et en souhaitant davantage de coopération entre les différentes approches. Elle a raison aussi de souhaiter que l'orientation des thérapies vers l'abstinence soit maintenue, mais dans ce domaine-là il faut laisser du temps au temps.

Je voudrais faire deux ou trois remarques sur la réponse du Conseil fédéral et aussi sur l'interpellation.

Tout d'abord, je vous en prie, cessez donc de parler de "distribution" d'héroïne. On dirait qu'on en donne à tout vent, généralement, généreusement, gratuitement. C'est faux! Le nombre de personnes concernées est très limité, et ces personnes contribuent aux frais du traitement.

Ensuite, Mme Fehr s'interroge sur les effets secondaires dangereux, notamment sur le cerveau. Sur ce point, la réponse du Conseil fédéral ne paraît pas satisfaisante. En fait, le principal effet négatif des programmes de prescription, c'est le maintien de la dépendance, pour un temps en tout cas. En revanche, beaucoup des effets négatifs liés à l'usage de l'héroïne sont dus à l'usage de la rue: overdoses, infections, abcès, maladies liées à la malnutrition ou à l'absence d'hygiène; maladies dues surtout à la mauvaise qualité du produit, à sa concentration variable et aux substances de coupure. Il faut admettre que, consommée sous contrôle médical, l'héroïne n'est pas particulièrement toxique. D'ailleurs, notre cerveau produit par lui-même des substances de même nature qu'on appelle des endorphines. La réponse du Conseil fédéral mélange allègrement les effets de rue, comme la dépression respiratoire et l'overdose, et les effets liés à une comorbidité comme "l'aggravation de la prédisposition épileptique" qui révèle une maladie préexistante. Pour le reste, les éléments négatifs que relève la réponse, c'est-à-dire la constipation et la rétention d'urine, ne font pas précisément partie des atteintes au cerveau, et ces troubles sont réversibles!

Surtout, il ne faut pas oublier les effets positifs de ces programmes: l'amélioration et la stabilisation de la santé, l'amélioration importante au niveau du logement et du travail, la diminution massive de la délinquance, puisque la proportion de ceux qui se livrent à des activités délictueuses passe de 69 pour cent avant le traitement à 10 pour cent après le traitement.

Toutefois, et je terminerai par là, il y a une question que Mme Fehr pose et que je fais mienne, et qui n'a pas vraiment de réponse dans le texte du Conseil fédéral, c'est celle-ci: quels sont les modes de financement pour l'encouragement à l'abstinence? On sait les difficultés que connaissent les institutions résidentielles visant l'abstinence, avec un financement problématique jusqu'ici. Je voudrais profiter de cette discussion pour redire le souhait qui est le mien, à savoir que la thérapie avec prescription d'héroïne n'ait jamais pour effet de menacer la survie des institutions visant l'abstinence.

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