Roth-Bernasconi Maria · Nationalrat · 2008-06-03
Roth-Bernasconi Maria · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2008-06-03
Wortprotokoll
Tout d'abord, j'aimerais faire une remarque à l'égard de ma préopinante, Madame Rickli. J'aimerais lui dire - mais je crois qu'elle ne m'écoute pas, peut-être même ne comprend-elle pas le français - que jusqu'à nouvel avis, jusqu'à présent, il n'y a jamais eu de ministre de la justice qui fût de gauche; celui qui a été en fonction les quatre dernières années était un ministre de la justice de droite.
Contre le discours aujourd'hui dominant et contrairement à ma préopinante, j'ose pour ma part affirmer que la violence, et notamment celle des jeunes, est un vrai faux problème. C'est un vrai problème, parce que certains jeunes commettent des actes violents et que nous devons prévenir au mieux cette délinquance. C'est d'ailleurs dans ce sens que nous soutenons la proposition de la minorité Thorens Goumaz, qui demande d'introduire une mesure 36quater, "élaborer une stratégie de prévention de la violence, en particulier la violence juvénile".
C'est un vrai problème aussi parce que le sentiment d'insécurité de la population existe et qu'il doit être pris en compte. Mais c'est un faux problème, surtout dans la mesure où la violence en général et celle des jeunes en particulier est exagérément exploitée et largement déformée par les populistes pour attirer des électeurs et des électrices en mal de repères. Je me demande d'ailleurs s'ils ont voyagé, à l'occasion, pour voir comme cela se passe dans d'autres pays.
La lutte contre la violence et pour la sécurité passe par une société solidaire, ouverte et équitable. On ne peut pas raboter les budgets sociaux pendant des années, puis s'étonner, vingt ans plus tard, de devoir demander plus de flics; on ne peut pas non plus demander plus de répression étatique et refuser toute hausse fiscale et toute dépense supplémentaire, comme le fait le groupe UDC, car la répression a aussi un coût. D'ailleurs, les différentes mesures proposées tiennent surtout de la répression, à l'heure où l'objectif du Conseil fédéral inclut la prévention.
Pour nous, une vraie politique de sécurité ne se limite pas au képi et autres uniformes, mais elle inclut l'intégration sociale. Elle doit aussi prévoir la restriction de l'accès aux armes, afin d'éviter des drames comme ceux qui ont fait en nombre la une des journaux ces derniers temps. C'est la raison pour laquelle nous soutenons la proposition de la minorité Girod pour une nouvelle mesure 34bis.
J'aimerais encore dire deux mots sur la mise en oeuvre de la politique de sécurité. La simplification de l'accès au service civil est une bonne chose dans un contexte où l'armée perd de son importance, comme le dit le Conseil fédéral: "Une attaque conventionnelle contre la Suisse est peu probable dans un proche avenir."
C'est précisément dans ce contexte qu'on peut douter de la nécessité de renouveler à grands frais une partie de la flotte des Tiger. Pour vous inviter à accepter ma proposition de minorité, j'aimerais citer notre ancien collègue et actuel conseiller aux Etats, Monsieur Didier Burkhalter: "La première chose à faire avant le débat sur le remplacement des Tiger, c'est une discussion sur la réactualisation du rapport de sécurité." Puisque la nouvelle stratégie de sécurité doit permettre de déterminer si, oui ou non, il faut remplacer les Tiger, il est prématuré d'inscrire cette mesure dans le programme de la législature.
C'est la raison pour laquelle je vous remercie de bien vouloir accepter ma proposition de minorité.