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Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · 2008-06-11

Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2008-06-11

Wortprotokoll

Lors de la 9e Conférence des parties à la Convention des Nations Unies sur la biodiversité à Bonn, Monsieur le conseiller fédéral Leuenberger a enjoint ses homologues d'inscrire la conservation de la biodiversité à leur agenda politique comme thème prioritaire. Comment comprendre dès lors que le mot biodiversité soit tout simplement absent du programme de la législature? On [PAGE 888] le trouve pourtant dans le message pour expliciter le contenu de l'objectif 12 "Exploiter les ressources naturelles en préservant l'environnement". L'importance de la biodiversité est en outre soulignée dans le rapport de l'état-major de prospective de l'administration fédérale "Défis 2007-2011. Evolution des tendances et thèmes futurs de la politique fédérale".

L'absence d'une mesure spécifique concernant la biodiversité doit dès lors être considérée comme un oubli. Un oubli que je vous demande de corriger en soutenant ma proposition de minorité à l'article 57ter: "élaborer une stratégie en faveur du maintien et du développement de la biodiversité".

La promotion de la biodiversité de notre pays mérite une ligne spécifique dans ce programme de législature, contrairement à ce qui vient de vous être dit. En effet, cet enjeu transversal est souvent négligé, peut-être parce qu'il est en lien avec un grand nombre de politiques publiques plus ciblées comme l'aménagement du territoire, la politique agricole, le développement touristique, la gestion quantitative et qualitative des eaux ou encore la politique climatique. Chacun de ces domaines a un impact sur la biodiversité, mais sans la viser comme telle. Il est dès lors nécessaire de réunir les mesures la concernant dans une stratégie spécifique et cohérente qui coordonne les actions entreprises dans ces différents secteurs.

La biodiversité est l'un des enjeux majeurs du développement durable. Elle témoigne d'une gestion judicieuse des ressources naturelles, mais elle constitue aussi, en elle-même, une ressource précieuse que nous devons transmettre aux générations futures. Or, la biodiversité est très vulnérable et fragile, tout particulièrement en Suisse. Sur les 40 000 espèces que notre pays abrite, plus d'une sur deux est en péril. Cette atteinte grave à ce qui constitue notre capital biologique doit être combattue.

En 2007, l'OCDE a soumis notre pays à un examen de ses politiques environnementales; si la Suisse obtient de bons résultats dans le domaine de la lutte contre les pollutions, sa passivité face à la régression de sa propre biodiversité est jugée sévèrement. Selon l'OCDE, la Suisse devrait adopter une stratégie nationale dans ce domaine. C'est exactement ce que demande ma proposition de minorité. Cette stratégie pourrait aborder l'état des connaissances sur la biodiversité de notre pays et proposer des actions permettant d'enrayer sa diminution et d'assurer sa sauvegarde à long terme. Son élaboration ferait l'objet d'un mandat du Conseil fédéral qui en définirait les objectifs, l'ampleur et l'organisation. Un groupe de travail interdisciplinaire pourrait être formé avec des représentants des offices fédéraux, des cantons, de la science, de l'économie et des ONG, avec le mandat d'élaborer un projet à l'intention du Conseil fédéral de manière à ce que celui-ci puisse se prononcer avant la fin de la législature.

Lors de notre discussion en commission, Monsieur le président de la Confédération s'est montré ouvert à cette proposition. Il avait fait preuve de la même ouverture lors du Congrès Nature à Bâle alors qu'il était interpellé par les 760 délégués présents. En commission, cela a été rappelé, ma proposition n'a été refusée que grâce à la voix prépondérante du président.

Je vous demande de soutenir la minorité à la mesure 57ter, afin que la Suisse tienne ses engagements internationaux dans le domaine de la préservation de la biodiversité et pour que nous puissions transmettre intact à nos enfants le patrimoine biologique magnifique de notre pays. Ce patrimoine a, à mes yeux, une valeur inestimable. Mais certains ont besoin de mettre un prix sur toute chose. Qu'ils sachent que la biodiversité mondiale a tout récemment été estimée à 6 pour cent du PNB mondial, à savoir 3000 milliards de francs.