Marty Dick · Ständerat · 2007-03-21
Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2007-03-21
Wortprotokoll
Je prends la parole tout à fait spontanément, mais ce qui vient d'être dit mérite une réponse. Je serai très bref, contrairement à d'autres collègues.
Tout d'abord, l'intégration ne dépend pas de la seule bonne volonté des étrangers, Monsieur Jenny. Certes, il faut vouloir s'intégrer, mais il faut aussi - on l'a dit d'ailleurs - une disponibilité du pays, c'est-à-dire de la population, des habitants, pour accueillir et laisser s'intégrer ces personnes, tout en les respectant et en respectant leur culture.
Prétendre que tous ces aspects sont déjà réglés dans la loi sur les étrangers est exactement la démonstration de la manière dont il ne faut pas s'attaquer au problème de l'intégration. De plus, ces dispositions n'ont nullement été discutées ici, comme l'a fait remarquer Madame Heberlein.
Je crois qu'une nouvelle loi sur l'intégration des étrangers nous permettrait de débattre d'un problème absolument fondamental dans notre pays et qui deviendra toujours plus important. Nous avons besoin des étrangers dans notre pays. Sans eux, plus rien ne marche, et il faut le dire: on ne construit plus d'autoroutes; les fabriques ne marchent plus; les hôtels ne sont plus en mesure d'accueillir les touristes; il n'y a plus personne dans les restaurants, les cliniques ou les maisons pour personnes âgées. On doit dire cela. Et l'admettre nous confère déjà une obligation de faire quelque chose. Mais vouloir, Madame Amgwerd, transposer cela sur le terrain de la politique politicienne est inacceptable! Surtout lorsqu'on prétend encore s'inspirer de principes chrétiens! Non!
C'est un problème fondamental, qui va encore s'aggraver, comme le laissent penser certains signes: vous avez vu ce qui s'est passé dans les banlieues françaises. C'était peut-être moins spectaculaire dans d'autres pays, mais tout aussi grave. Nous avons aussi des signes chez nous, notamment auprès des jeunes. Je crois qu'on ferait bien d'en discuter - on a la chance de pouvoir le faire avant que la situation ne devienne grave - dans le cadre d'une loi qui provoquerait un véritable débat. Il ne s'agirait pas d'un débat contre les étrangers ou pour en limiter le nombre, mais un débat qui porte sur la manière de les intégrer au mieux.
Donc, nous ne devons pas en faire une question de politique politicienne, nous devons assumer nos responsabilités. C'est une motion, nom d'une pipe! On demande d'en discuter, cela passera encore au Conseil national. On ne définit pas encore le contenu de la loi, mais cela permettrait d'avoir un grand débat, et Dieu sait que ce pays en a besoin!