de Buman Dominique · Nationalrat · 2008-03-19
de Buman Dominique · Nationalrat · Freiburg · Fraktion CVP/EVP/glp · 2008-03-19
Wortprotokoll
Le débat dans lequel nous nous trouvons est délicat parce qu'il touche à la problématique des entreprises publiques, auxquelles on veut donner une certaine indépendance mais qui, constamment, posent des problèmes politiques. Car le Parlement a un droit de regard; le Conseil fédéral est une autorité qui a des compétences de par la loi; il y a également des relations employeur-employés et enfin des aspects de politique régionale qui nous concernent. C'est précisément par l'accumulation de ces différentes relations que le problème devient politique en plus d'être de nature économique. Et puis, il ne faut pas le cacher, ce dossier de CFF Cargo a une dimension qui est à la fois humaine - il y a des relations, il y a des personnes -, économique et aussi liée à la politique régionale du pays.
Vous me permettrez, dans le bref temps qui m'est imparti, de parler de l'aspect fribourgeois de ce dossier. Aucun calcul économique sérieux n'a pour le moment été articulé, ni dans cette enceinte ni à l'extérieur. Or on sait que, d'une manière générale, et même en faisant abstraction du fait que des locaux sont libres à Bâle, les loyers sont plus avantageux à Fribourg qu'à Bâle. De plus, en admettant que les salaires sont plus ou moins les mêmes dans une même entreprise, on peut quand même relever que les allocations de résidence ont un autre coût dans la cité rhénane que sur les bords de la Sarine. Quant aux atouts du bilinguisme, qui avaient été un élément en faveur du choix du site de Fribourg, ils sont notablement plus présents à Fribourg qu'à Bâle, qui n'est pas véritablement une ville bilingue, même si la France et le canton du Jura sont proches.
La décision de fermeture du site de Fribourg ne se justifie pas sur le plan économique. Bien plus, cette fermeture annoncée contredit les impératifs et la volonté de décentralisation, qui n'a jamais été démentie par le Conseil fédéral, ni modifiée après maintes interventions parlementaires. Vous comprendrez donc qu'après le départ quelque peu arbitraire de l'Office fédéral des migrations de Givisiez, pour lequel l'ancien conseiller fédéral Christoph Blocher n'a jamais apporté la preuve économique que la décision prise était la bonne, Fribourg paie une seconde fois, sans raison.
Je demande par conséquent la révocation immédiate de la décision de fermeture et de faire bénéficier Fribourg au moins du même délai pour mener les tractations - jusqu'au 9 mai - que celui qui a été octroyé au Tessin. Sinon, sert-il à quelque chose de ne pas faire la grève, question que j'ai osé soulever durant l'émission Infrarouge hier? Si, en faisant des menaces, on obtient des délais plus longs, à quoi sert-il de se prévaloir de la paix du travail pour ensuite fouler aux pieds les prétentions des gens?
Je dénonce ici avec véhémence la politique d'offres de primes de déménagement faites par les CFF au personnel de Fribourg juste avant le débat qui nous occupe. C'est une manière de démotiver les collaborateurs ou de ramollir leur volonté de résistance. Une telle attitude est tout simplement déloyale, surtout quand on se rappelle que CFF Cargo a bénéficié, plus que toute autre entreprise privée ou publique, du soutien de la promotion économique du canton de Fribourg dans l'optique bien admise de part et d'autre d'une implantation durable de plus de 200 emplois. Il y a quelques mois encore, cette vision n'était contestée par personne.
Je demande par conséquent la convocation d'une table ronde pour Fribourg, qui permette de mûrement réfléchir à la situation de l'entreprise et de trouver des solutions économiques étayées et politiquement acceptables. Le but est de soutenir à long terme la mission de transport de marchandises dans notre pays et d'assurer la viabilité de CFF Cargo dans un contexte de transport approuvé par une communauté nationale consciente de l'enjeu de la protection de l'environnement.