Reymond André · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2008-09-16
Wortprotokoll
Permettez-moi de résumer certains faits et points importants contenus dans le rapport 2008 sur les relations avec l'ONU et les organisations internationales ayant leur siège en Suisse.
Le nouveau secrétaire général de l'ONU a lancé plusieurs réformes concernant surtout le maintien de la paix, la gestion générale, la transparence et le règlement des conflits. Les tâches sont immenses et variées.
En 2007, la Suisse a présidé la Conférence du désarmement à Genève. Outre le désarmement, la Suisse soutient la proposition de non-prolifération des armes nucléaires et l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire. Elle poursuit également son engagement en faveur de l'interdiction des mines antipersonnel.
La position de la Suisse à l'ONU est souvent difficile, car elle n'appartient à aucune alliance, elle n'est pas membre de l'Union européenne et elle ne fait pas partie de l'OTAN. On pourrait penser que la Suisse est isolée, mais notre pays est aussi un acteur créatif et libre. Il peut aussi manquer de soutiens automatiques et d'alliés. Mais la Suisse, pour ses initiatives ou ses candidatures, est en recherche permanente de majorités.
Dans les opérations de maintien de la paix, l'ONU souhaite que la Suisse s'engage dans le domaine des transports aériens et terrestres et de la médecine. Elle désire avoir plus de personnel francophone.
Dans le cadre de l'aide au développement, il est demandé plus d'efficacité par la surveillance des résultats obtenus et plus d'interactions entre les pays qui doivent se rendre des comptes mutuellement.
Le changement climatique, que l'ONU prend très au sérieux, est un de ses thèmes principaux. L'organisation espère une action générale beaucoup plus coordonnée, sans doubles emplois ni lacunes.
Dans l'action humanitaire, la Suisse a participé aux discussions sur l'utilisation des ressources militaires pour les secours en cas de catastrophes naturelles.
Au Conseil des droits de l'homme, un des principaux enjeux reste la mise en place de l'examen périodique universel. A ce titre, la Suisse, en tant qu'Etat libre et membre du conseil, a un grand intérêt à ce que cet examen se déroule dans les meilleures conditions.
Le secrétaire général, Monsieur Ban Ki-moon, place en priorité la réforme de la gestion de l'ONU en général. La Suisse adhère complètement à ce souhait et y voit également une priorité.
Une autre priorité pour la Suisse est la modernisation des technologies de l'information et de la communication afin de mieux coordonner la politique de la Suisse à l'égard de l'ONU.
Même si la Suisse abrite un nombre très important d'organisations internationales, elle se doit de leur consacrer sa plus grande attention et de relever les défis dans les domaines suivants: la paix, la sécurité et le désarmement, les affaires humanitaires et les droits de l'homme, la santé, le travail, l'économie et la science, le développement durable et la préservation des ressources naturelles. Mais la situation de concurrence internationale, avec l'augmentation des mesures de sécurité à la charge des Etats hôtes, est de plus en plus difficile à assumer pour la Suisse. Il faut que la Suisse offre aux organisations internationales les meilleures conditions possibles en participant, par exemple par l'intermédiaire de la FIPOI, au financement de locaux et d'infrastructures dont elles ont besoin. C'est le cas par exemple, comme on l'a vu hier, de l'OMC, qui doit pouvoir regrouper sur un seul site ses différents bureaux.
D'autre part, notre pays prend très au sérieux ses obligations d'Etat hôte en matière de sécurité. L'emblème de l'ONU n'est plus synonyme de protection et le crédit alloué à la sécurisation des immeubles est tout à fait nécessaire.
Il faut signaler le retour en force de la Russie, qui sous-tend les rapports de transition de l'après-guerre froide. Par ailleurs, la crainte du terrorisme accroît la méfiance entre les pays occidentaux et les pays musulmans.
La Suisse, par ailleurs, organisera à Genève en automne 2009 la troisième Conférence mondiale sur le climat. L'attachement de la Suisse aux questions humanitaires a été démontré par la création, en juin 2007, du Forum humanitaire mondial présidé par l'ancien secrétaire général des Nations Unies, Monsieur Kofi Annan.
En 2010, la Suisse posera sa candidature à un siège au Conseil économique et social. Elle est également désireuse de se faire réélire au Conseil des droits de l'homme pour la période 2010-2013; elle juge en effet ce moment très important pour y siéger, car elle aura là à défendre ses intérêts lors du réexamen complet du statut du conseil.
Voici encore les différents points mentionnés à la Commission de politique extérieure. On pouvait en effet craindre, après le départ de Monsieur Kofi Annan, quelques conséquences négatives pour Genève. Mais le nouveau secrétaire général, Monsieur Ban Ki-moon, entretient de très bonnes relations à Genève comme à Berne. En outre, on ne peut [PAGE 1072] que se réjouir de la tendance à plus de transparence et de volonté à obtenir des résultats en matière de responsabilité et de gestion.
On a constaté d'autre part une dégradation à propos du programme nucléaire iranien et de la reconnaissance du statut du Kosovo. Ces dissensions sont apparues au grand jour au Conseil de sécurité. Celles-ci, ajoutées aux difficultés qui résultent des crises alimentaires, énergétiques et climatiques sont des points très importants. A l'ONU, la Suisse participe également à des groupes de travail qui traitent des problèmes du financement et du terrorisme. En commission, il a été souligné que les rapports entre les Etats membres sont en phase de transition à cause de nouvelles puissances émergentes qui s'affirment notamment en Asie et en Amérique latine. Ceci provoque des tensions dans le système des Nations Unies. La Suisse a un rôle à jouer dans ce contexte, comme je l'ai dit.
La Suisse doit être présente dans des organismes intergouvernementaux, surtout pour éviter le transfert de Genève à New York des organes en charge des droits de l'homme. A Genève, après les droits humains, le droit international humanitaire, les efforts se concentrent sur le pilier du commerce international. Aujourd'hui, l'OMC est une organisation phare comme organisation internationale. Le DFAE et le DDPS insistent sur les contributions techniques: mise à disposition d'hélicoptères et engagement de soldats ou d'officiers. Je rappelle que la Suisse est le quatrième pays contributeur aux Nations Unies.
La Commission de politique extérieure a pris position sur une première proposition Lang du 29 juin 2008, qui prévoyait que la Suisse s'engage afin que la course aux armements soit stoppée, et une deuxième, sur le principe que la Suisse s'engage pour que les options présentées dans l'Evaluation internationale des sciences et technologies agricoles au service du développement soient mises en oeuvre. Après discussion, la première proposition Lang a été rejetée par 10 voix contre 9 et 1 abstention, et la deuxième par 11 voix contre 7 et 1 abstention.