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Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2008-09-17

Wortprotokoll

Je crois qu'il faut dire des choses très simples. Cette initiative populaire a été lancée au mois de septembre précédant l'année au cours de laquelle, à la suite de l'expertise voulue par Madame Dreifuss, alors conseillère fédérale, on a renoncé à la prise en charge par l'assurance obligatoire des soins d'un certain nombre de méthodes relevant des médecines alternatives. Madame Gilli, vous connaissez ce fait, malgré cela vous répétez constamment quelque chose qui est faux. Cette initiative a été lancée avant que l'on renonce à prendre en charge une partie des médecines alternatives.

Lisez les textes des partisans de l'initiative - on me l'a rappelé d'ailleurs en commission et je l'ai admis: il n'a jamais été question par cette initiative de mettre à la charge de l'assurance-maladie de base les médecines alternatives. Par contre, ce que prévoit l'initiative, et le contre-projet d'une certaine manière mais de manière moins complète, c'est que l'on prenne en compte de manière adéquate les médecines alternatives, en d'autres termes qu'il y ait dans les hôpitaux des lits réservés aux patients soignés au moyen des médecines alternatives, que dans les universités il y ait des chaires de médecines alternatives, qu'il y ait une reconnaissance par l'Etat de diplômes de médecines alternatives. Les partisans de l'initiative ont toujours dit qu'il ne s'agissait pas de faire prendre en charge par l'assurance-maladie les frais de toutes les méthodes des médecines complémentaires. S'ils vont le demander ultérieurement, je ne le sais pas, c'est possible: c'est une raison supplémentaire de recommander de rejeter l'initiative! Mais celle-ci ne prévoit pas qu'il en soit ainsi. Madame Gilli, vous le savez bien, et vous répétez quelque chose qui est faux. Quand on répète quelque chose de faux, ce n'est finalement ni très correct ni très honnête.

Le Conseil fédéral, avec la majorité du groupe radical-libéral et avec la majorité du groupe UDC, recommande de ne pas donner suite à cette initiative. Madame Kleiner, j'ai été un peu surpris que vous n'ayez pas dit que le groupe radical-libéral s'était prononcé contre l'initiative. Il y a eu ensuite des débats pour savoir si c'était stratégique ou non, mais la majorité du groupe radical-libéral était contre l'initiative. Il y a [PAGE 1146] donc toute une série de manoeuvres qui tend à faire croire des choses qui ne sont pas la réalité. On va vers un débat pourri. Et lorsque l'on va vers un débat pourri, on prend des risques politiques et on finit par provoquer des difficultés et par pervertir le débat démocratique.

C'est la raison pour laquelle, au nom du Conseil fédéral, nous souhaitons que le contre-projet soit rejeté et que l'initiative populaire soit soumise au peuple telle quelle. Le peuple dira s'il veut ou ne veut pas d'une mise sur pied d'égalité de la médecine scientifique et des médecines alternatives. Le débat sera plus clair que si l'on fait semblant de croire quelque chose qui n'est pas juste.