Perrin Yvan · Nationalrat · Neuenburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2008-09-24
Wortprotokoll
On l'a évoqué hier, répété aujourd'hui: l'achat de ces 220 GMTF est une suite logique des décisions politiques relatives au projet Armée XXI et à son étape de développement 2008-2011. Il est faux de dire ici que le DDPS fait un caprice; il mène juste à bien la mission que nous lui avons confiée. Au niveau technique, nous parlons de véhicules Duro, connus, dont à peu près 3000 modèles circulent. Le centre de compétences Swissint dispose déjà maintenant de 6 modèles Duro IIIP 6x6 qui ont été acquis avec le budget de l'équipement et du matériel à renouveler. Nous ne nous lançons donc pas dans l'inconnu avec l'acquisition qui nous est proposée. L'infrastructure de maintenance existe déjà. Le stationnement des 220 GMTF nécessaires pour cette première tranche nécessite une surface couverte de 4500 mètres carrés que le concept de stationnement de l'armée mettra à disposition.
On peut relever que ces véhicules sont d'une grande qualité, puisqu'ils ont trouvé grâce auprès d'autres pays, dont notamment l'Allemagne et la Grande-Bretagne. La protection offerte aux occupants répond aux normes les plus modernes et correspond aux menaces les plus probables, tant au [PAGE 1279] niveau des mines que des tireurs embusqués. Le besoin en véhicules de transport sécurisés ne peut pas être couvert par la modernisation de la flotte de M113 dont notre armée dispose encore. Ces engins ont été conçus il y a plus de quarante ans. Ils ont atteint leurs limites. Un nouvel achat est ainsi indispensable pour garantir la mobilité de notre infanterie, qui doit être à même d'intervenir rapidement et dans de bonnes conditions de sécurité.
Cette question se pose de manière très concrète au niveau de nos engagements à l'étranger. A l'heure actuelle, nos soldats déployés au Kosovo se déplacent au moyen d'engins n'offrant parfois aucune protection, ce qui est proprement intolérable. Si d'aventure la situation devait dégénérer, il n'est pas très difficile d'imaginer que nos soldats se verraient confrontés à deux types de menaces - les mines et les francs-tireurs -, menaces auxquelles le GMTF constitue la réponse la plus appropriée.
Dans son message, le Conseil fédéral prévoit que les GMTF seront à même de couvrir les besoins de Swissint. Il est d'ores et déjà prévu d'en envoyer une vingtaine au Kosovo. Au total, ce sont bien 354 GMTF qui sont nécessaires à notre armée, et nous avons là une première tranche de 220 modèles pour 396 millions de francs, qui seront livrés à la troupe entre 2010 et 2012.
La commission s'est trouvée confrontée à trois options: biffer totalement l'achat des GMTF, en réduire le nombre à 150 ou soutenir le programme dans la version du Conseil fédéral. La proposition défendue par la minorité I (Allemann) et qui vise à réduire l'achat à 150 engins a été repoussée en commission, par 17 voix contre 7. La commission n'a bien sûr pas eu le loisir d'examiner la proposition Lachenmeier, mais une proposition Lang visant le même but a été repoussée, par 22 voix contre 1 et 1 abstention.
La commission vous recommande donc très clairement de soutenir l'achat de ces 220 véhicules.
Passons maintenant au projet relatif aux avions, avec la sauvegarde des capacités du F/A-18; ce programme est devisé à 404 millions de francs. Cette modification est absolument nécessaire pour garantir le service de la police et de la défense aériennes, quelles que soient les conditions. D'une manière générale, un avion de combat a une durée de vie d'une trentaine d'années. Les modifications dont nous parlons visent donc simplement à préparer nos 33 F/A-18 à la seconde partie de leur vie opérationnelle. Notre pays n'est pas pionnier en la matière puisque les autres pays utilisateurs du F/A-18 procèdent également à la modernisation de leur flotte, élément dont nous allons profiter.
Les nouveaux systèmes qui seront installés sur nos avions sont en grande partie identiques à ceux d'autres pays, ce qui présente naturellement un intérêt au niveau des coûts; une économie de 10 à 15 pour cent pourra ainsi être réalisée. Sans entrer dans les éléments techniques qui me dépassent, un élément mérite une seconde d'attention néanmoins, à savoir l'extension du système d'identification ami-ennemi. Cette modification ne saurait être différée dans la mesure où elle répond aux nouvelles prescriptions des autorités civiles de la navigation aérienne.
La proposition de la minorité II (Widmer) demande de renvoyer cet objet au Conseil fédéral avec mission de présenter simultanément le rapport sur le remplacement partiel des Tiger. Modernisation des avions actuels et acquisition des nouveaux avions seraient intimement liées et devraient donc être menées de concert, de façon à pouvoir définir quelle aviation nous voulons, de quelle taille et à quel prix.
La majorité de la commission n'est pas de cet avis. La modernisation qui nous est soumise constitue un passage obligé dans la vie d'un avion de combat. Les capacités opérationnelles du F/A-18 ne pourraient être garanties pour les prochaines années sans cette mise à niveau. Lier la modernisation des F/A-18 à l'achat des successeurs des Tiger ferait courir le risque de voir la Suisse totalement dépourvue d'aviation militaire à moyen terme, car il n'est pas garanti que le peuple donne son aval au renouvellement des Tiger: non seulement nous n'aurions pas les nouveaux avions de combat, mais les avions de chasse actuels ne seraient plus en mesure de voler. Le montant qui nous est demandé constitue d'ailleurs le minimum nécessaire pour assurer la mission de notre aviation. Cela a été dit, et on peut le regretter, les considérations financières ont conduit à ne pas équiper le F/A-18 pour des engagements air-sol et pour l'acquisition d'objectifs.
Au terme du débat, la commission s'est prononcée par 16 voix contre 7, et elle vous recommande de rejeter la proposition défendue par la minorité II.