Pelli Fulvio · Nationalrat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2008-10-01
Wortprotokoll
Le 18 mai 2003, 76 pour cent des votants - 1 719 167 hommes et femmes suisses - ont accepté le concept de la modification de la loi fédérale sur l'armée et [PAGE 1426] l'administration militaire (Armée XXI). Cette impressionnante majorité, s'agissant de la composition de l'armée, a suivi le Conseil fédéral, le Conseil des Etats et notre conseil. Ce dernier avait soutenu le projet par 131 voix contre 24 et établi que l'armée comporterait 140 000 militaires composant l'armée active et 80 000 militaires composant la réserve. La minorité Schlüer avait proposé un effectif de 220 000 actifs et la disparition de la réserve, selon elle afin d'obtenir un nombre de militaires effectif et non fictif. Seuls 24 députés ont soutenu la proposition de la minorité Schlüer.
140 000 militaires composent donc notre milice - oui, c'est cela, notre milice - et non pas les 220 000 hommes et femmes de Monsieur Schlüer, ni non plus la moitié de la milice actuelle - 70 000 soldats -, encore moins le petit nombre de soldats professionnels soi-disant bon marché dont rêve Monsieur Levrat.
Dans cette salle, il y a des partis politiques qui n'ont pas encore pris acte de la décision populaire et qui continuent à rêver d'une autre armée, beaucoup plus grande, beaucoup plus petite, qui coûte plus, qui coûte moins ou, encore, qui ne coûte rien du tout - comme celle de Monsieur Lang. Certains rêvent à une armée de Ballenberg, d'autres à une armée de Lilliput, qui pourrait compter sur les fameux avions de chasse Dinky Toys.
La semaine passée, ces partis se sont livrés ici, dans notre élégante salle, à des jeux politiques irréels, dont le but n'était pas la concrétisation du mandat constitutionnel sur l'armée mais la punition de Monsieur le conseiller fédéral Schmid, coupable selon les uns de suivre les instructions du peuple et non pas celles de son propre parti, coupable selon les autres de vouloir doter notre armée d'avions efficaces.
Ces partis se livrent aujourd'hui aux mêmes exercices en parlant de la prétendue "crise manifeste de l'armée" et en demandant mille corrections. Devons-nous entrer en matière? Selon le groupe radical-libéral, seulement trois mesures sont urgentes. Premièrement, le commandement suprême de l'armée doit être repourvu avec célérité et compétence. Deuxièmement, le programme d'armement doit être adopté dans son intégralité - la querelle fratricide qui divise l'UDC de Monsieur Schmid ne doit pas être menée au détriment de nos soldats et de leur sécurité. Troisièmement, la loi militaire doit être approuvée, comme le propose la commission du Conseil des Etats.
C'est en forgeant que l'on devient forgeron. Nos soldats doivent pouvoir s'exercer également sur les places d'armes étrangères, puisqu'en Suisse les écologistes et les paysans interdisent l'accès au moindre arpent de prairie pour toute éventuelle manoeuvre.
Nos soldats doivent aussi apporter leur appui à la police contre le chaos pouvant surgir au World Economic Forum, en cas de catastrophes naturelles et lors d'attaques terroristes.
L'armée et ses buts doivent être pris au sérieux dans cette salle et non pas utilisés pour des jeux politiques. L'armée, c'est la défense; l'armée, c'est la sécurité; l'armée, c'est l'intérêt national; l'armée, c'est la cohésion nationale; l'armée, c'est aussi du travail!