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Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2009-03-02

Wortprotokoll

Dans le prolongement de ce qui a été dit par le président de la commission, permettez-moi de vous faire part de quelques considérations complémentaires sur le bien-fondé de la demande de notre commission.

A la lecture du rapport 2008 du Conseil fédéral sur la politique de la Suisse en matière de maîtrise des armements et de désarmement, il y a lieu de relever l'important travail réalisé et également de remercier l'ensemble des personnes qui s'engagent en permanence et qui ont contribué à développer cette analyse très intéressante. Toutefois, dans la foulée de ce pas important dans la bonne direction, il s'agit à présent de se donner des moyens complémentaires afin de bénéficier d'une vision encore plus globale et stratégique de notre politique en la matière.

En effet, l'avenir tel que l'esquisse le renforcement de certaines tendances dans les relations internationales, ne recèle-t-il pas de nouveaux enjeux qu'il convient d'évaluer et face auxquels nous devons réagir rapidement? Ce sont par exemple:

1. la lutte entre différents pays pour devenir des leaders régionaux ou internationaux ou de confirmer leur statut;

2. l'accroissement dramatique des inégalités sur le plan du développement et son lien avec l'insécurité;

3. le monopole étatique de la force, remis toujours plus souvent en cause par des acteurs non étatiques;

4. l'accroissement du danger de la prolifération des armes de destruction massive et, malheureusement, le blocage par certains de toute avancée complémentaire concernant le renforcement des conventions de désarmement dans ce domaine. [PAGE 5]

C'est notamment ce type d'interrogations que le Conseil fédéral s'attachera à approfondir dans le cadre du rapport demandé par notre commission. Un tel rapport facilitera alors l'aide à la décision pour les autorités fédérales, permettra d'anticiper les grands défis qui attendent notre pays en matière de promotion de la paix civile comme militaire et d'indiquer les pistes à suivre pour les relever.

Par ailleurs, l'insuffisance de moyens financiers représente actuellement une contrainte pour la pleine réalisation des objectifs de notre politique en la matière. Dès lors, il est également impératif que le Conseil fédéral examine l'idée de faire en sorte que l'ensemble des mesures fasse l'objet d'un seul crédit-cadre portant sur plusieurs années, voire sur une législature. Ce crédit-cadre spécifique permettrait de concrétiser la légitime ambition de notre pays au niveau de sa politique en matière de désarmement et de maîtrise des armements et renforcerait encore notre politique sur le plan international.

En tant qu'Etat neutre permanent, notre pays est prédestiné à deux titres à accroître son engagement en faveur d'un désarmement international durable. Premièrement, la réduction sur le plan mondial des armements renforce notre propre sécurité. Notre pays le sait bien, il dépend du reste du monde: si le reste du monde va bien, notre pays se porte mieux. Par conséquent, un investissement plus conséquent dans le désarmement et la promotion de la paix s'inscrit dans le droit fil de la défense d'une politique de sécurité de portée internationale et dont les retombées ne resteront pas sans effets sur le plan national. Il est donc pleinement dans notre intérêt de promouvoir un environnement mondial plus paisible.

Deuxièmement, notre pays dispose d'une importante crédibilité et d'une grande liberté d'action dans le cadre de son engagement en faveur du désarmement. En raison de sa neutralité active, de ses succès dans le domaine des bons offices et de ses contributions à l'appréhension des conflits, la Suisse a une vocation particulière pour assumer davantage de responsabilités dans les opérations de promotion de la paix. D'ailleurs, la valeur de Genève en tant que plate-forme internationale pour la promotion de la paix, de la sécurité et du désarmement est reconnue par tous.

Toutefois, cela a été rappelé dans le débat de tout à l'heure, la position privilégiée de la Genève internationale n'est pas acquise, car la concurrence entre les villes s'accroît, et il convient de renforcer continuellement la position de Genève. Le postulat s'inscrit donc également dans une logique qui vise à maintenir et à développer le rôle de la Genève internationale comme fenêtre de la Suisse sur le monde.

Voilà quelques raisons complémentaires pour lesquelles le postulat de la commission mérite d'être soutenu.