Parmelin Guy · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2009-04-29
Wortprotokoll
J'aimerais tout d'abord remercier Monsieur Darbellay d'avoir rappelé en préambule les intérêts que je défends ici. J'allais le faire, comme chaque fois que l'on parle de produits agricoles. Et j'aimerais le féliciter pour sa démonstration de tout à l'heure: brandir une bouteille qui porte l'étiquette "Framboise" et qui contient du vin rouge valaisan pour soutenir l'introduction du principe du "Cassis de Dijon", ce n'était pas mal! Je lui demanderai de m'associer tout à l'heure, avec notre collègue Kaufmann, pour contrôler la norme technique et, surtout, si cela respecte la qualité propre au vin valaisan.
Ceci dit, la reprise unilatérale d'un principe appliqué entre les différents pays membres de l'Union européenne, avec réciprocité entre eux, est inacceptable, surtout dans le domaine très sensible de l'agroalimentaire. Prévoir pour les denrées alimentaires importées un accès au marché suisse après autorisation de l'OFSP ne résout rien. Prévenir la discrimination des producteurs - on devrait parler de "producteurs fabricants" suisses - en les autorisant à produire pour le marché suisse conformément aux normes de l'un ou l'autre pays européen ne va que compliquer l'ensemble du système de production suisse. Une entreprise suisse mettant en valeur des denrées alimentaires et voulant exporter dans des pays européens aux normes diverses parce que, par exemple, non harmonisées, devrait produire selon des normes différentes pour chaque pays puisque le principe du "Cassis de Dijon" ne serait pas réciproque. Les mêmes produits obtenus selon les normes différentes pourraient ensuite être mis sur le marché suisse, conformément à ce fameux article 16a du projet qui nous est soumis.
Comment peut-on imaginer un seul instant un tel système? Le résultat en serait un message totalement brouillé envers le consommateur suisse. Les méthodes de production reconnues, exigées par les consommateurs de ce pays en vue de respecter l'eau, les animaux, les sols, bref les ressources naturelles dans leur ensemble, permettent aujourd'hui de fournir des denrées alimentaires clairement identifiables et dont le consommateur suisse est très demandeur.
Il faut fermement rappeler ici que l'agriculteur producteur suisse va, lui, rester entièrement soumis à toute la législation suisse, qui est largement plus contraignante et rigoureuse que celle en vigueur dans de nombreux pays de l'Union européenne. Cela signifie donc que, pour lui, les coûts demeurent, mais que le bon positionnement des denrées alimentaires suisses risque de perdre inévitablement de sa visibilité, ce qui aura de graves conséquences à terme. Finalement, c'est donc bien l'architecture globale de la mise en valeur de la production indigène qui est en jeu, et un tel exercice va progressivement et insidieusement la démanteler par une banalisation complète de l'image de marque des produits alimentaires.
Quant à la baisse des prix envisagée, lorsqu'on sait que le citoyen suisse dépense moins de 8 pour cent de son revenu pour l'alimentation, il est illusoire d'attendre une amélioration du pouvoir d'achat des Suisses.
Concernant une éventuelle baisse des coûts, qui reste à prouver, de l'approvisionnement en matières premières, l'expérience de ces dernières années a démontré qu'elle conduit plutôt à une amélioration de la marge du secteur de la distribution. Depuis l'introduction de la nouvelle politique agricole, si les prix des produits agricoles ont baissé de 25 pour cent à la production, ils ont augmenté de 12 pour cent pour les consommateurs.
Je vous prie donc de soutenir ma proposition, qui évitera que l'histoire se répète en faisant une nouvelle fois des producteurs indigènes et des consommateurs suisses les dindons de la farce.